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  • Île-de-France
    Valérie Lesage, nouvelle secrétaire générale de l’URIF CGT ›››

    L’union régionale Île-de-France CGT a tenu sa conférence régionale du 17 au 19 janvier à la Bourse Nationale du Travail, à Montreuil. À cette occasion, Pascal Joly, le secrétaire régional, revient sur le contexte et les enjeux syndicaux de la période. Il passe le relais à Valérie Lesage, ex-secrétaire générale de La Seine-et-Marne, qui vient d’être élue. Pour la première fois une femme prend la tête de l’Urif CGT. L’analyse des enjeux de la réforme (...)
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  • Médias
    Appel à la grève au quotidien L’Equipe ›››

    Les syndicats de journalistes de l’intersyndicale de l’UES L’Equipe (SNJ et SNJ-CGT) appellent les salariés à la grève entre ce vendredi 19 janvier, 2 heures, et samedi 20 janvier, 2 heures (du matin), afin de protester contre un plan de suppression de plus de vingt-six emplois. Cet appel à la mobilisation a lieu alors que le 11 janvier, la direction de l’UES L’Equipe a brutalement annoncé un plan de suppression de plus de vingt-six emplois, en (...)
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  • Métallurgie
    La CGT conserve sa place de première organisation syndicale ›››

    La publication du Journal Officiel de l’Arrêté du 22 décembre 2017 fixant la liste des organisations syndicales reconnues représentatives dans la métallurgie reconnait la première place à la CGT, avec un résultat de 30,3% (devant la CFDT à 29,1%, la CFE-CGC à 22,02%, la CGT-FO à 18,58%). La Fédération CGT métallurgie se félicite de conserver sa place de première organisation (...)
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  • International
    Le projet de loi Asile et Immigration bafoue des droits fondamentaux ›››

    Mardi, Emmanuel Macron était à Calais pour expliquer son projet de Loi Asile et Immigration, un projet dont on connaît encore mal les contours mais qui pourrait être adossé à deux circulaires extrêmement régressives qui précisent comment on va « trier les bons et mauvais migrants ». « Selon ce projet de loi, les “bons migrants” seraient les migrants issus soit des guerres et persécutions essentiellement politiques et les “mauvais migrants”, les (...)
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  • Métallurgie
    Premier accord de rupture collective chez PSA et préconisation à outrance ! ›››

    Si Pimkie a réussi en début de ce mois à éviter la rupture conventionnelle collective (RCC), PSA ne passera pas outre : les syndicats FO, CFDT, CFTC et GSEA, totalisant plus de 58 % des voix, ont indiqué vouloir signer l’accord. Seule la CGT s’est opposée, tandis que la CFE-CGT ne s’est pas encore déterminée. CGT-PSA a publié un communiqué. La CGT réaffirme sont opposition à la rupture conventionnelle collective (RCC) dans le groupe PSA et regrette que (...)
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  • Économie
    CAC 40 : trente ans d’engraissement des actionnaires ›››

    Plusieurs fois par jour — voire par heure — les médias, y compris les médias publics, nous informent sur les variations du CAC 40. Une telle présentation est intimement liée à une idée fausse, entretenue par les libéraux et le patronat, selon laquelle le cœur de l’économie se bat à la Bourse. Qu’en est-il en réalité ? Retrouvez ce Flash éco du pôle économique de la CGT en téléchargement sur notre site. QU’EST-CE QUE LE CAC 40 ? CAC est l’abréviation de (...)
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  • Santé
    Après 16 jours de grève, 5 ETP de plus à la pédopsychiatrie du CHU de Toulouse ›››

    Après 16 jours de grève, les agents de la Villa Ancely, attenant au service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du CHU de Toulouse, ont obtenu gain de cause fin décembre. Les principaux points de l’accord de fin de grève signé comporte, selon la CGT du CHU de Toulouse : accord sur remplacement des absences 1 pour 1 ; accord sur le fait que l’effectif du service ne pourra jamais tomber en dessous de 21 ETP ce qui implique l’embauche (...)
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  • Métallurgie
    Soutien et solidarité aux salariés de la métallurgie allemands ›››

    La CGT soutient et apporte toute sa solidarité aux salariés de la métallurgie en Allemagne, fortement mobilisés depuis plusieurs jours dans le but d’obtenir une réduction du temps de travail à 28 heures par semaine pour ceux qui le souhaitent, ainsi qu’une augmentation générale des salaires de 6 %. En l’espèce, les revendications des camarades travailleurs outre-Rhin sont légitimes tant elles vont dans le sens de l’histoire du monde moderne et du (...)
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  • Enseignement supérieur
    L’ouverture de « Parcoursup » sonne la fin de l’université ouverte ›››

    Un appel à la mobilisation est lancé le jeudi 1er février 2018 dans les universités et les lycées afin d’alerter sur les dangers des réformes en cours suite à la mise en place ce mois de janvier de la plateforme « Parcoursup » L’instauration d’un nouveau Baccalauréat est un facteur de discriminations sociales et territoriales. En l’espèce, l’examen pourrait désormais comporter quatre épreuves finales, alors que le reste des notes serait obtenu au cours (...)
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  • Commerce
    Les Ordonnances Macron accélèrent les plans sociaux dans les grandes enseignes ›››

    Pimkie, Cora, Sodexo, Castorama, Monoprix... Les plans sociaux dans le commerce se suivent et parfois se ressemblent. À ce titre, la CGT Commerce organisait une conférence de presse, ce 17 janvier, qui réunissaient des délégués syndicaux de Pimkie, Carrefour, KFC, Cora, Sodexo, Castorama, Monoprix, Vivarte. « Dans ces entreprises, des processus de restructuration, des plans sociaux ont été abordés avant l’adoption des ordonnances Macron pour la (...)
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  • Transport
    Notre-Dame-des-Landes : la CGT pour le maintien de l’aéroport actuel ›››

    Après avoir planché sur la question lors notamment de quatre journées d’étude, l’UD CGT 44 et le comité régional CGT pays de la Loire ont finalement conclu que le maintien de l’aéroport actuel est préférable que la construction d’un nouvel aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). La CGT 44 a notamment publié un document de 12 pages pour argumenter ce choix. Elle rappelle en préambule que, depuis son 49e congrès, « la CGT place au cœur de sa (...)
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  • Organismes sociaux
    Les salariés de la CPAM du Havre en lutte ›››

    Dénonçant la dégradation de leurs conditions de travail et du service proposé à leurs usagers, les agents de la CPAM du Havre on voté le 16 janvier la reconduction du mouvement entamé la veille. Fermeture de centres, non-remplacement d’effectifs... La situation n’est plus tenable pour les agents de la CPAM du Havre. Ces dernier ont fait montre de leur mécontentement par un débrayage de 55 minutes le 15 janvier dernier. « De nombreux centres (...)
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  • Administration
    Les conseillers pénitentiaires d’insertion et probation appellent à une manifestation nationale ›››

    Un appel à manifestation nationale est lancé pour le jeudi 1er Février 2018 à Paris par les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) afin d’obtenir l’application d’une réforme promise et validée au plus haut niveau de l’État. En l’espèce, après une mobilisation massive durant six mois en 2016, les conseillers d’insertion et probation alors en catégorie B avaient enfin obtenu le passage en catégorie A de la Fonction publique. Or, en (...)
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  • International
    L’UGTT, le syndicat historique tunisien, à la manœuvre pour la paix sociale ›››

    Le syndicat tunisien, Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), qui a reçu le prix Nobel de la Paix 2015 pour son rôle au moment du printemps arabe en Tunisie était à la CGT, soit sept ans après la chute de Ben Ali. Focus sur la situation économique et sociale en Tunisie et sur le rôle de ce syndicat très influent dans le pays. La Loi de Finances 2018 a été l’étincelle qui a déclenché les récents mouvements de protestation en Tunisie la semaine (...)
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  • La CGT en lutte
    Les salariés de TCI-TCB poursuivent la grève ›››

    En grève depuis le 3 janvier, les salariés de l’entreprise de traitement de chèques bancaires reconduisent le mouvement pour être entendus par leur employeur. La lutte continue ! Les salariés de l’entreprise bordelaise TCI-TCB, mobilisés à 90 % depuis le 3 janvier dernier, ont décidé la reconduction de la grève. Ils revendiquent notamment une augmentation des salaires de 100 euros, l’attribution de tickets restaurant, la prime de participation (...)
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  • Culture
    Faute de réponse de la ministre, la CGT quitte la réunion du CNPS ›››

    Devant les réponses lacunaires de Françoise Nyssen au sujet du document CAP 2022 lors de la plénière du Conseil national des profession du spectacle (CNPS), la délégation CGT a décidé de quitter la réunion pour rejoindre le rassemblement auquel elle avait appelé. Le 15 janvier 2018, pour la première fois depuis sa nomination, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a présidé une réunion plénière du Conseil national des professions du spectacle (...)
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  • Administration
    Le monde pénitentiaire à bout de souffle ›››

    Après la mobilisation réussie du lundi 15 janvier lancée par le personnel pénitentiaire suite à l’agression de quatre surveillants par un détenu radicalisé à la prison de Vendin-le-Veil (Pas-de-Calais) jeudi dernier, la CGT Pénitentiaire et l’Ufap Unsa Justice appellent à la reconduite du mouvement ainsi qu’à son intensification. Une mobilisation réussie C’est par un très large mouvement de solidarité que les personnels pénitentiaires ont répondu (...)
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  • Répression syndicale
    Rassemblement de la CGT BTP devant la Fédération française du bâtiment ›››

    Lundi 15 janvier, des centaines de militants CGT-BTP se sont rassemblés devant le siège de la Fédération française du bâtiment (FFB) pour soutenir Philippe Christmann, administrateur fédéral, convoqué devant la cour d’appel dans l’affaire d’avril 2014, dite « des confettis et de la peinture à l’eau ». Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était présent et a pris la parole pour dénoncer la « répression syndicale et sociale grandissante (...)
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  • Mouvement social
    Les salariés d’Axens en grève depuis le 10 janvier ›››

    En grève depuis mercredi 10 janvier, près de 120 salarié de l’usine d’Axens (spécialisée dans les catalyseurs et absorbants pour le marché pétrochimique et les carburants propres) se sont réunis devant le site de Salindres (Gard) pour exiger des augmentations de salaires substantielles au regard es résultats de l’entreprise. « La direction nous a dit que 2017 a été une année exceptionnelle et que 2018 le sera aussi », indique la délégué syndicale CGT, (...)
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  • Territoires
    Le droit syndical en danger à la mairie de Chabeuil ›››

    La CGT demande à la préfecture l’annulation de la délibération du conseil municipal de Chabeuil du 8 janvier 2018, mettant en place un système de rémunération individuelle au mérite. En l’espèce, ce système prévoit en outre une prime de présentéisme, où les autorisations spéciales d’absences (ASA) seront décomptées, portant ainsi gravement atteinte au droit syndical. Ainsi, comme de nombreuses communes, Chabeuil a mis en place un système de rémunération (...)
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Entrevue à Matignon sur le Pacte de responsabilité

La CGT porteuse d’exigences fortes

samedi 15 février 2014 , par Frédéric Dayan

Jean-Marc Ayrault a entamé ce lundi 27 janvier ses entretiens avec les syndicats et le patronat sur le "Pacte de responsabilité". Une délégation conduite par Thierry Lepaon (avec Marie Laurence Bertrand, Eric Aubin, Agnès Lebot, Mohammed Oussedik) a donc rencontré le Premier ministre (lire notre reportage). Le secrétaire général de la CGT était porteur du message suivant :

"Il y a exactement deux mois, vous receviez la CGT suite à votre annonce d’une remise à plat de la fiscalité d’ici à 2015. Votre objectif était qu’elle soit plus juste, plus efficace et plus claire. La CGT est favorable depuis longtemps à une réforme de la fiscalité avec un double enjeu : renforcer et développer nos capacités productives et rendre la distribution des richesses plus juste, entre individus mais aussi entre territoires. La CGT a la volonté de s’impliquer dans cet objectif. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Le président de la République vient d’annoncer la suppression des cotisations familiales patronales, un nouveau cadeau de 30 milliards d’euros d’exonérations sociales pour les entreprises, au moins 50 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques en trois ans, un choc de simplification aux contours flous … Il passe un accord sans engagement avec le MEDEF et demande aux organisations syndicales de dire ce qui pourrait être sauvé en matière sociale !

Il y a un donc un besoin urgent de clarification, tant sur les montants que sur la méthode, des annonces faites par le président de la République. L’ouverture de chantiers parallèles sans discussion préalable ne permet pas une réflexion globale sur le sens des politiques publiques et de leur financement par l’impôt.

Le transfert du financement de la politique familiale des entreprises vers le budget de l’Etat est une attaque de grande ampleur contre la protection sociale. Il remet en cause le socle de la protection sociale issu du Conseil National de la Résistance, son financement par le travail, et ouvre la porte à la fiscalisation des prestations sociales. La CGT y est opposée. Elle propose la mise à plat du financement de la protection sociale sur la base d’une augmentation de ses moyens et d’une modulation incitative des cotisations patronales.

La baisse de la dépense publique d’au moins 50 milliards d’euros en trois ans est historique. Elle s’inscrit dans la politique d’austérité qui est contre-productive en matière de relance économique, de progrès social et de cohésion sociale. Baisser encore les dépenses publiques, c’est dégrader le service public et réduire les capacités d’intervention publique. Les services publics sont un bien commun et un élément de solidarité. Ils ont démontré leur efficacité en matière de développement économique et leur rôle d’amortisseur social pendant la crise. Il faut au contraire les consolider, et augmenter leurs moyens d’action.

Aujourd’hui, en France, on supprime l’emploi public et on subventionne massivement l’emploi privé. Et pour quel résultat !
En répondant aux vœux du MEDEF, le président de la République confirme et accentue les choix qui ont clairement fait la preuve de leur nocivité. Il s’agit, au nom de la promotion de l’offre, d’améliorer les profits et d’amplifier un principe déjà installé : le passage d’une politique d’aide aux entreprises qui en ont besoin à une politique de droit pour toutes les entreprises, quelle que soit leur situation.

Pourtant on sait ce qu’il est advenu des politiques précédentes. Ces politiques ont incité les entreprises à s’opposer à la hausse des salaires et à recruter de plus en plus au niveau du smic, là où elles ne paient plus de cotisations sociales. Le recul de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises et les exonérations massives de cotisations sociales n’ont pas permis de créer des emplois, ni empêché l’installation d’un chômage massif. La situation de l’emploi et du déficit de l’assurance chômage va encore être aggravée par les conséquences de la réforme des retraites votée fin 2013.

L’argument du rétablissement des marges des entreprises pour dynamiser l’investissement est simpliste et erroné. Il est démenti par les faits. De nombreuses entreprises, voire de branches professionnelles, ont retrouvé des marges bénéficiaires proches de leurs plus hauts historiques. De nombreuses entreprises, à l’instar de celles du CAC 40, ont maintenu voire augmenté leur taux de distribution des dividendes aux actionnaires malgré la crise, et depuis dix ans les dividendes versés aux actionnaires sont plus élevés que le montant des investissements. Il va falloir évaluer la rémunération du capital, son évolution et les conséquences de son renchérissement sur l’investissement social et économique des entreprises. La CGT, en s’appuyant sur les travaux d’économistes, vient de lancer une campagne sur le coût du capital et ses responsabilités dans la crise et demande la construction d’un indice public du coût du capital.
Autre erreur de diagnostic, le secteur de l’industrie, qui perd massivement des emplois, ne bénéficie pas prioritairement des aides aux entreprises : moins de 15% des montants vont à l’industrie et seulement 4 milliards du CICE.

Le président de la République conditionne le pacte de responsabilité à l’engagement de contreparties en matière d’emplois, de qualifications et de dialogue social.

Le Président du MEDEF a déjà répondu qu’il ne s’engagerait pas sur un objectif d’emplois.

D’ailleurs, sa promesse de créer un million d’emplois en cinq ans est très ambiguë. Il ne dit pas s’il s’agit d’un million supplémentaire par rapport au rythme actuel de création nette d’emplois.
Pour la CGT, la situation sociale et économique appelle à la fois une réorientation politique et des nouveaux droits d’intervention des salariés dans la stratégie des entreprises. Nous ne voulons pas seulement discuter des modalités d’un pacte passé entre le chef de l’Etat et le Président du MEDEF mais aussi des objectifs économiques et sociaux. Notre ambition est de discuter de l’ensemble des recettes et des dépenses.

Changer de cap en matière de relance économique et de création d’emplois nécessite effectivement une mobilisation en faisant de la jeunesse et de la réponse aux besoins sociaux, économiques et environnementaux la priorité politique. Avec la CFDT, la FSU et l’UNSA, nous demandons la poursuite de l’action concernant l’emploi des jeunes et l’ouverture d’une négociation interprofessionnelle pour relancer une dynamique de l’emploi des jeunes et des seniors. Le gouvernement a également un rôle à jouer.

Concernant les aides, une remise à plat complète des 4500 dispositifs d’aides et d’exonérations accordées aux entreprises portant sur quelque 200 milliards d’euros doit être engagée et cela à tous les échelons administratifs et territoriaux. Il faut que l’efficacité des aides publiques sur l’emploi et l’investissement soit évaluée et que les aides soient concentrées sur les secteurs et les entreprises qui en ont vraiment besoin, en particulier dans l’industrie.

Les aides aux entreprises et les exonérations fiscales doivent être conditionnées à la mise en œuvre d’objectifs économiques et sociaux clairs : leur politique d’emploi, d’élévation des qualifications, de formation et de salaire, d’égalité entre les femmes et les hommes, de recherche et développement, d’innovation et d’investissements.
Le système financier, banques et assurances, doit aussi être mobilisé. La CGT revendique la construction d’un pôle financier public avec l’objectif prioritaire du financement de l’investissement créateur d’emploi et de valeur ajoutée.

L’ouverture de négociations sur les rémunérations est une nécessité. Elle est urgente et ne peut être renvoyée à des jours meilleurs. Mais le gouvernement a aussi sa responsabilité. Il faut impérativement une réévaluation du SMIC et la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires. L’augmentation des qualifications et des salaires est incontournable pour relancer l’économie et financer la protection sociale.

Un accord interprofessionnel de cadrage est nécessaire pour fixer les objectifs en matière de reconnaissance de la qualification des salariés et la résorption des inégalités salariales, notamment entre les femmes et les hommes.

Concernant la fiscalité, il convient en premier lieu de réhabiliter l’impôt et la justice fiscale. C’est un outil de solidarité nationale qui doit être au service d’une ambition politique de progrès social. La baisse des impôts et taxes pour les entreprises ne peut pas être un préalable à l’examen d’une remise à plat de la fiscalité. Les représentants des salariés doivent être entendus à la fois sur la fiscalité des ménages et sur la fiscalité des entreprises.

Dans ses vœux aux acteurs économiques et sociaux, le président de la République a annoncé vouloir faire de l’année 2014 une nouvelle phase du dialogue social en engageant les salariés à davantage de participation à la vie des entreprises à travers les IRP, mais aussi par une présence syndicale réelle. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Mais cela impose plusieurs conditions :
- refonder les conditions de la négociation collective. Cela implique d’une part de dégager l’initiative et l’organisation des négociations de l’emprise du MEDEF, et la refonte des branches professionnelles dont plus d’un tiers n’a pas la capacité de négocier,
- faire progresser la démocratie sociale en créant de nouveaux droits pour les salariés et leurs représentants. La CGT fait en ce sens plusieurs propositions,
- donner des moyens au syndicalisme. Le volet du projet de loi qui concerne le financement du syndicalisme est de ce point de vue totalement inacceptable. La CGT demande une véritable négociation sur les moyens nécessaires à la démocratie sociale, et la transparence financière de l’ensemble des organisations syndicales,
- respecter ses militants. Sur ce point, un premier signe serait de permettre le vote de la loi d’amnistie des syndicalistes par le Parlement et d’annuler l’appel du jugement par le procureur à l’encontre des 5 militants CGT de Roanne.

La démocratie sociale tient aussi à la qualité de l’expression démocratique des salariés à l’occasion des élections professionnelles, et à travers l’élection de leurs juges prud’homaux.

Aujourd’hui, la démocratie sociale est une démocratie à deux vitesses, selon que l’on est salarié dans une TPE ou dans une grosse entreprise. La possibilité pour les 4,6 millions de salariés des TPE de disposer de représentants élus dans leur proximité territoriale doit être ouverte rapidement.

La possibilité d’agir devant les conseils de prud’hommes est partie intégrante des garanties collectives qu’ont les salariés de faire respecter leurs droits. La légitimité des conseillers prud’homaux ne peut être garantie que par leur élection par l’ensemble des salariés, qu’ils soient en emploi ou privés d’emploi. La suppression des élections prud’homales est inacceptable pour la CGT. La remise en cause de l’élection des conseillers prud’homaux par les salariés en 2015, sous prétexte du coût que cela représente, serait une ligne rouge à ne pas franchir. Va-t-on demain organiser les élections municipales dans les entreprises pour réduire le déficit public ?