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Coopération internationale

Santé et la sécurité des travailleurs des bananeraies : la CGT et ses partenaires à l’œuvre

lundi 7 novembre 2016 , par EB

"Nous sommes des esclaves", voilà les mots d’Albert Cocoyer, ouvrier agricole et délégué syndical au comité d’entreprise et au CHSCT de la plus grosse bananeraie de Guadeloupe. Il était invité aux côtés de Bernard Thibault et bien d’autres au Forum Social de la Fête de l’Humanité 2016 pour une table ronde intitulée "De la fourche à la fourchette".

L’alliance des consommateurs et des syndicats au niveau international

La CGT est investie depuis 2015 dans le projet " La santé et la sécurité au travail dans l’industrie de la banane" avec la coordination des 28 syndicats des Bananeraies d’Amérique Latine, la CGT Guadeloupe (CGTG), Indecosa-CGT et l’association Banana Link.

Le secteur de la banane recourt massivement aux pesticides en raison du manque de diversité génétique dans l’agriculture commerciale bananière et de la pratique de la monoculture à grande échelle dans les régions tropicales pluvieuses. Les heures de travail excessives, le port de charges lourdes, le travail en hauteur, augmentent le risque d’accidents. Les morts directes ou indirectes liées à ces risques sont fréquentes comme c’est le cas en Guadeloupe.

La CGT a donc initié ce projet de coopération internationale où elle œuvre notamment avec l’association Banana Link pour rendre opérationnels dans les entreprises de Comités d’Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail (CHST). Des formations syndicales interrégionales ont ainsi été organisées en 2015 en Equateur et au Costa Rica.

Lutter pour les droits des travailleurs et améliorer leurs conditions de travail

Une table ronde réunissant quelques acteurs du projet était organisée au Forum Social de la fête de l’Humanité 2016 avec André Cicollela du Réseau Environnement Santé, Albert Cocoyer de la CGTG (Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe), Xavier Compain, responsable du pôle Agriculture du PCF, Arnaud Faucon, Indecosa-CGT, Bernard Thibault, membre travailleur du Conseil d’Administration du Bureau International du Travail, et Alistair Smith de l’association Banana Link.

L’exemple des Bois-Debout en Guadeloupe

Des syndicalistes latino-américains ont effectué un voyage d’études en Guadeloupe en avril 2015. Une région en transition vers une agriculture moins consommatrice en pesticides, car diminuer leur utilisation sans pour autant produire moins c’est possible ! Mais beaucoup reste à faire pour faire vivre les droits des travailleurs au travail décent.

Prenons l’exemple de la SA Bois-Debout en Guadeloupe, où 92 ouvriers sont en procès depuis deux ans parce que le patron a porté entrave à leur droit de retrait face à des conditions de travail inhumaines. Par décision judiciaire du 14 octobre 2016, le Tribunal de Grande Instance de Basse-Terre a condamné la SA Bois-Debout au paiement intégral des salaires portant sur la période de l’exercice du droit de retrait. En savoir plus ici.

La France doit ratifier la convention 184 de l’Organisation Internationale du Travail

En 2001, l’Organisation International du Travail vote la convention n° 184 (C184) sur la sécurité et la santé dans l’agriculture. Pour être opérationnel et jouer son rôle d’une normalisation internationale par le haut, ce texte doit être ratifié par le plus grand nombre de pays.

Aujourd’hui 16 pays ont opéré cette ratification. Les pays ratifiant la convention s’engagent à conduire une politique nationale cohérente en matière de Santé Sécurité au Travail dans l’agriculture, à définir des droits et obligations des employeurs et des travailleurs. Les employeurs se retrouveront ainsi contraints d’évaluer les risques pour la santé et de mettre en place une politique de prévention. Les travailleurs-euses gagneront quant à eux-elles, dans les pays ratifiant le droit de retrait. La France fait pourtant encore partie des pays qui n’ont pas ratifié la convention, malgré l’engagement du président Hollande pris en juin 2015.

Voir aussi les articles :
La SA Bois-Debout une nouvelle fois condamnée (CGTG)
Bananeraies : les travailleurs exposés aux cancérogènes (NVO)