La cgt

NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> La CGT communique

Libertés syndicales

La CGT et la CFDT dénoncent une tentative d’intimidation du mouvement syndical guinéen

Communiqué commun Cgt et Cfdt

vendredi 23 mai 2014
PDF - 136.2 ko
Texte en pdf

En 2006, les travailleurs guinéens manifestaient à Conakry pour demander des réformes démocratiques et des conditions de vie décente. En 2014, pas moins de 45 leaders syndicaux sont convoqués devant le tribunal de Conakry sans que leur motif d’assignation leur soit spécifié... La CFDT et la CGT s’indignent de cette convocation qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation à l’égard du mouvement syndical guinéen.

Mardi 17 mai, notre camarade et amie Rabiatiou Serah Diallo, ancienne Secrétaire générale de la Confédération Nationale du Travail Guinéenne (CNTG), puis Présidente du Conseil National de Transition chargé de gérer la transition vers un régime démocratique en l’absence de pouvoir législatif, fut ainsi la première à être entendue au tribunal.

Le mouvement syndical guinéen a alors appris qu’il était convoqué au sujet des manifestations et grèves de 2006. Ces manifestations avaient pour objet de demander la mise en place de réformes démocratiques en Guinée, ainsi que de meilleures conditions de vie pour les travailleurs : des préoccupations auxquelles le gouvernement avait alors répondu par l’envoi de l’armée, réprimant dans le sang les aspirations démocratiques et de vie décente des travailleurs et se rendant responsable de centaines de morts et des milliers de blessés.

La convocation, aujourd’hui, de tous les leaders syndicaux ayant porté la voix des travailleurs en 2006 est une tentative délibérée d’intimidation du gouvernement envers le mouvement syndical. C’est une atteinte directe aux libertés syndicales ainsi qu’aux principes et droits fondamentaux au travail portés par l’Organisation Internationale du Travail.

Alors que, depuis 2010, la Guinée Conakry est engagée dans un processus démocratique, notamment grâce à la mobilisation des organisations syndicales, ces intimidations sont particulièrement choquantes. D’autant plus que sont toujours impunis la plupart des responsables des morts de la répression de 2008 et ceux du massacre du 28 septembre 2009.

La CFDT et la CGT condamnent avec la plus grande fermeté cette entreprise de mise en accusation du mouvement syndical guinéen. Elles apportent leur entier soutien aux leaders convoqués et sont à leurs côtés pour défendre leurs aspirations à la justice sociale. Elles demandent que cessent immédiatement les convocations des syndicalistes guinéens. Face aux difficultés économiques et sociales, c’est le dialogue qui doit être privilégié plutôt que de chercher à porter atteinte à l’exercice du droit syndical.

Berlin, le 20 mai 2014