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Publié le mardi 22 mai 2007

La CES tient son 11ème Congrès à Séville du 21 au 24 mai



Bernard Thibault et une délégation composée de neuf camarades de la commission exécutive et de l’espace Europe/International participent au 11e congrès de la Confédération européenne des syndicats à Séville.

Intervention Bernard Thibault au congrès de la CES le 22 mai 2007

Chers Camarades,

La Cgt française partage amplement la nécessité pour l’ensemble du mouvement syndical européen d’être à l’offensive comme le préconise le mot d’ordre de ce 11ème Congrès de la CES.

Nous voulons prendre nos affaires en main, ne pas rester immobiles, attendre des jours meilleurs ou compter sur d’autres pour que la situation des salariés s’améliore. Malgré nos faiblesses, le mouvement syndical est une des formes les mieux organisées en Europe. Nous pouvons avoir des ambitions à la dimension de l’urgence pour les salariés. Nous avons su faire des démonstrations et exercer des pressions lorsque cela a été nécessaire au moment de la directive Bolkestein. Nous pouvons sans doute faire plus pour la promotion des services publics avec la pétition en circulation.

Parmi les évènements politiques de ces dernières semaines, les projecteurs se sont braqués sur l’élection présidentielle française. Elle a eu lieu. Son résultat, malheureusement, ne servira pas de point d’appui pour le mouvement syndical et aux revendications de la CES, bien au contraire !

Monsieur Sarkozy a une préférence pour les thèses patronales en faisant la promotion de la « flexsécurité », c’est-à-dire qu’il considère que les droits actuels des salariés sont un frein à l’emploi. Un chef d’Etat qui affirme vouloir mettre en cause le droit de grève dans ses premières réformes, n’est pas un allié du mouvement syndical. Nous avons trouvé surprenant que pour marquer son engagement européen, il ait fait le choix d’installer un ministère chargé de veiller à l’identité nationale.

Comme cela était prévisible, l’élection présidentielle française laisse entière la crise institutionnelle européenne.

Par contre, elle risque d’éloigner un peu plus la reconnaissance de la charte des droits sociaux fondamentaux comme socle social de la construction européenne.

Passer à l’offensive, c’est affirmer ensemble, à l’occasion de ce congrès, que la reconnaissance de cette charte par les gouvernements et institutions européennes est pour nous une priorité et il nous faut agir en conséquence.

J’ai bien entendu Monsieur Barroso nous enseigner que le changement était inévitable. Sans doute, mais la nature des changements doit être discutable, sinon c’est tout simplement l’indépendance syndicale qui est remise en cause. Et lorsqu’on nous propose de ne plus se poser la question de savoir à qui appartiennent les entreprises, il nous suggère de fermer les yeux sur le capitalisme financier prédateur d’emplois et générateur de précarité pour des millions de salariés.

Lorsqu’on nous parle de souplesse, de flexibilité, c’est souvent le droit des salariés dont il est question. Mais il est un domaine qui, lui, nous est présenté comme rigide, incontournable, c’est la rentabilité financière exigée par les actionnaires ! Celle-là ne serait pas critiquable !

Les syndicats ne sont pas les pompiers ou les infirmiers d’une Europe qui, dans les faits et par les politiques mises en œuvre, ne se donne pas le progrès social comme une priorité.

Etre à l’offensive, c’est accepter de travailler davantage ensemble et de consacrer plus de temps et de moyens à nos objectifs communs.

C’est exigeant pour nous tous, tant nous avons déjà à faire. Mais chacun d’entre nous, dans sa propre activité, sera d’autant plus crédible s’il peut s’appuyer sur une Confédération européenne offensive qui mobilise les travailleurs de toute l’Europe.

Nous en sommes capables !

Voir l’Intervention d’Agnès Le Bot, membre de la CE confédérale au congrès de la CES le 24 mai 2007 en document joint