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Publié le mardi 12 mai 2015
Salaires, coût de la vie, pouvoir d’achat

L’indice des prix ne reflète pas la réalité



Dans le cadre des négociations salariales dans les entreprises et les branches comme dans le secteur public, comme pour ce qui concerne l’évolution des pensions ou des minima sociaux, la référence, la norme pour ne pas dire l’étalon de mesure est l’indice des prix à la consommation de l’Insee.
Or cet indice des prix à la consommation ne reflète pas
l’augmentation du coût de la vie, tel que les salariés les retraités le perçoivent. C’est ce que démontre cette vidéo réalisée par la fédération CGT des Finances en coopération avec la CGT de la Métallurgie et le syndicat CGT de l’Institut national de la statistique économique (Insee).

Les revendications pour améliorer le niveau de
vie des salariés, des retraités et des privés d’emploi se voient
notamment opposer un indice des prix de l’Insee, qui est utilisé comme instrument d’indexation. Des augmentations des
salaires, pensions et autres ressources qui seraient égales ou
supérieures à l’évolution de cet indice, assureraient un maintien
voire une progression du pouvoir d’achat et du niveau de vie. Or,
ce n’est pas le cas.

Structuration de l’indice des prix à la consommation

L’indice des prix à la consommation (IPC) est l’instrument de
mesure de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes
données, la variation moyenne des prix des produits consommés
par les ménages. C’est une mesure synthétique de l’évolution de
prix des produits, à qualité constante.
Il est structuré selon la répartition ci-contre. Ainsi, pour calculer
l’indice des prix, l’Insee considère qu’en moyenne les dépenses
des transports correspondent à 16% des dépenses des ménages,
celle des loisirs 8.5%.

L’indice des prix à la consommation ne doit pas être utilisé pour indexer les salaires

Parmi les indices de prix publiés par l’Insee, celui qui est utilisé
pour l’indexation est l’Indice des prix à la consommation des
ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, hors
tabac, base 100 en 1998, qu’on appellera par la suite IPC.

L’ IPC n’est pas un indice du coût de la vie.
L’Insee, qui le reconnaît officiellement, ne devrait, en principe, pas
cautionner l’utilisation de cet indice pour indexer les salaires
et les pensions.
La contestation de l’IPC, très large dans le pays, repose sur
un décalage entre l’inflation mesurée qui serait d’environ
2 % l’an actuellement selon l’IPC et l’inflation perçue, ou
« ressentie » par les gens. Celle-ci est parfois estimée à
environ 5 %, voire 6% par an.

En tout cas, il est abusif de la part du patronat et du
gouvernement de se réclamer de l’IPC pour imposer
une stagnation des salaires et, en réalité, une baisse du
niveau de vie des salariés.

Lire l’indice des prix à la consommation

Il est possible, pour les salariés, d’utiliser les relevés de prix
effectués par les 1 200 enquêteurs et enquêtrices de l’Insee qui servent à construire
l’indice, enquêtrices dont la qualité du travail n’est pas en cause.
En effet, quand on dit par exemple que « les prix » ont augmenté
en septembre 2012 de 1,9% depuis un an et de 25 % depuis
l’année 1998, cela ne signifie pas que tous les prix ont augmenté
au même rythme. Il s’agit d’une moyenne, et plus précisément
d’une moyenne pondérée.

En effet, depuis 14 ans, certains prix ont augmenté beaucoup
plus vite. Par exemple, le prix des combustibles liquides a crû de
239%, soit plus qu’un triplement !

A l’inverse, selon les calculs faits pour construire l’IPC, les micro-
ordinateurs sont censés avoir baissé de 90%. En fait, leurs prix
n’ont pas baissé tant que ça mais ce chiffre est censé refléter
l’amélioration de leur qualité ; c’est contestable car les ordinateurs
d’aujourd’hui sont, certes plus puissants, mais certainement
moins durables que ceux de 1998 ! Mais cette façon de mesurer
la qualité tire l’IPC vers le bas et contribue donc à sous-estimer
la hausse du coût de la vie.

Ces chiffres qui sont publics montrent que des « consommations populaires » comme le logement, l’alimentation ou l’énergie sont victimes de fortes hausses des prix, soit récemment (depuis 12 mois) soit sur longue période (par exemple depuis 1998, année de base
de l’indice).