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Publié le vendredi 10 décembre 2004

Jeunesse et Sport, les politiques publiques en grand danger



Le budget 2005 va passer en dessous des 0,29% du budget de l’Etat. Il se décompose pour partie en 0,12% pour le sport et 0,6% pour la jeunesse et la vie associative, contredisant par là même les propos d’auto satisfaction du ministre qui intègre dans son budget le FNDS (1)pour masquer la baisse.

Le budget 2005 va passer en dessous des 0,29% du budget de l’Etat. Il se décompose pour partie en 0,12% pour le sport et 0,6% pour la jeunesse et la vie associative, contredisant par là même les propos d’auto satisfaction du ministre qui intègre dans son budget le FNDS (1)pour masquer la baisse.

Décroissant d’année en année, ce budget de 395 millions d’euros en 2004 tombe à 377 millions en 2005. Les crédits du FNDS, lesquels sont en augmentation, ne bénéficieront pas au plus grand nombre mais aux événements sportifs médiatiques. Pour compenser cette baisse le ministre compte sur l’introduction des financements privés dans le cadre du PPP, Partenariat Public Privé.
De fait, à l’instar de ce qui se pratique au niveau de tous les services rendus au public, une privatisation des DDJS (2), aux clubs en passant par les CREPS(3) et l’INSEP (4) se met en place.
Quel mépris pour les jeunes et les militants bénévoles de ce pays !

Les collectivités territoriales déjà sollicitées dans une situation aggravée par une décentralisation inégalitaire, ne peuvent plus faire face aux besoins. 10 millions de français de 15 à 75 ans sont officiellement licenciés dans les clubs et 36 millions déclarent pratiquer plus ou moins régulièrement une activité sportive.

Il se développe, de manière accrue, l’impossibilité pour une majorité de Français, dont les salariés, d’accéder aux pratiques sportives. Citons de manière non exhaustive la disparition des équipements sportifs des clubs d’entreprise, la difficulté à pratiquer le sport de son choix, l’impossibilité pour les associations d’accueillir les nouveaux adhérents sans dégrader la qualité du service rendu, les problèmes de la déstructuration de l’emploi associé à des horaires rendant impossible la pratique en club, etc.

Il s’agit, une fois de plus, d’exclusion de millions de familles déjà lourdement touchées par la politique antisociale développée par le gouvernement sur injonction du Medef. Dans le même temps, l’argent sale fait son entrée dans le sport professionnel. Il est épinglé par un rapport du ministère de la justice (rapport annuel 2003 du service central de prévention de la corruption) publié en juillet 2004 qui dénonce " le sport comme vecteur d’argent sale".

Les entreprises consacrent l’essentiel de l’argent destiné au sport, non pas pour permettre à leur salariés de pratiquer mais pour véhiculer leur image de marque au travers des sports professionnels médiatiques. Au rythme des scandales, le sport s’apparente plus aux jeux du cirque symbole d’une fin de civilisation, que d’un service d’utilité publique relevant du rôle de l’Etat. Pour infléchir cette dérive au bénéfice de tous, la Cgt revendique un véritable service public national du sport.

(1) FNDS : fonds national du développement sportif
(2) DDJS : direction départementale jeunesse et sport.
(3) CREPS : centre régional d’éducation physique et sportive.
(4) INSEP : institut national du sport et de l’éducation physique.