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Salariés

Il est où le « beau travail » ?

jeudi 22 mai 2014
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Quelle malchance ! Au moment même où, unis comme toujours, le gouvernement et le MEDEF se lancent dans une campagne télévisée de promotion du « beau travail », deux études publiées, ce jeudi 22 mai, par la CGT des Ingénieurs Cadres et Technicien-ne-s (CGT-UGICT) viennent déconstruire le message enchanteur déjà mis à mal par le 9e Baromètre Edenred-Ipsos sur le bien-être et la motivation des salariés européens, rendu public en début de semaine.

« Les travailleurs de France sont plus mécontents au travail que leurs homologues européens », révélait, mardi 20 mai, cette étude, soulignant que « non seulement ils sont plus nombreux à se déclarer démotivés, mais ils se disent aussi plus souvent insatisfaits de la reconnaissance de leur travail, de la considération qu’on leur montre, ou encore de la rémunération fixe qu’ils perçoivent. »

Les deux nouveaux sondages rendus publics, ce 22 mai, par la CGT-UGICT, lors d’une conférence de presse à laquelle participait le Secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, confirment s’il en était encore besoin que ce mécontentement est particulièrement ressenti chez les cadres et professions techniciennes et intermédiaires.

A travers ces études, conduites par Viavoice auprès de plus de 2 000 personnes en avril 2014, l’ensemble des sondé-e-s expriment une insatisfaction très forte sur plusieurs déterminants de leur vie au travail qui quantifient la reconnaissance professionnelle.

D’une manière générale, le sentiment d’être reconnu-e dans son travail s’est dégradé de 10 points depuis mars 2009 (33% contre 43%), chez les professions techniciennes et intermédiaires : « Aujourd’hui, 56% des sondé-e-s ne s’estiment pas reconnu-e-s dans leur travail. Dans ce contexte de travail tendu, 42% des sondé-e-s estiment ne pas pouvoir faire un travail de qualité…. Ce résultat témoigne de l’attachement des professions techniciennes et intermédiaires à vouloir travailler en respectant les règles et l’éthique professionnelle, même dans un contexte défavorable ».

Même insatisfaction chez les cadres qui considèrent que leur carrière stagne (49%), déplorent une charge de travail qui explose, un temps de travail de plus en plus difficile à maîtriser, et une sphère privée absorbée par la vie professionnelle, et estiment, au total, que « tous les indicateurs sont au rouge en matière de reconnaissance salariale ». Les mêmes se disent lucides sur l’origine de la crise et sur les moyens pour en sortir : l’enquête révèle ainsi que pour les cadres français « ce n’est pas en alimentant la financiarisation de l’économie que l’on sortira de la crise ».

Et voilà ruinée la belle campagne de communication du gouvernement et du MEDEF !

Le principe de réalité est là : il y a bien une crise du travail, une fracture ouverte, entre les aspirations à bien faire son travail, à œuvrer pour l’intérêt général et des modes d’organisation, des méthodes de directions qui sacralisent le « ni fait, ni à faire », la rentabilité financière, le « courtermisme ». Si l’on ajoute la déclinaison, sur tous les tons, du credo libéral sur le « coût du travail » qu’il faut réduire, on obtient désengagement et désenchantement.

Le monde du travail, le pays tout entier, attend bien autre chose que des clips vidéo sur le « beau travail ». Le monde du travail aspire à bien travailler, et que les moyens lui soit donnés de bien le faire.

Pour la CGT, un gouvernement et un patronat, qui dévalorisent le travail en le présentant comme un coût et non pas une richesse, ne permettent pas de construire l’avenir. Les salariés veulent travailler, créer, être reconnus. Leur qualification et leur engagement sont un levier indispensable à la compétitivité des entreprises car porteurs de qualité et d’efficacité.

Nous avons besoin de transformer le travail pour sortir de la crise et penser le progrès social. La CGT est engagée dans ce combat de la reconnaissance des situations de travail et de leurs transformations, car la sortie de crise ne se fera pas en sacrifiant le travail et les travailleurs.

C’est cette dynamique qui devra être au centre de la future Conférence sociale et non l’application d’un « Pacte de responsabilité » qui ne va qu’accentuer le « mal travail ».

Montreuil, le 22 mai 2014

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