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Publié le mardi 19 janvier 2010

Haïti avant et après le séisme



Haïti avant le séïsme



9 millions d’habitants, dont 2 dans la capitale Port au Prince

- Population très jeune : 42,4% ont moins de 14 ans

- Mortalité infantile : 71,65 pour mille

- Espérance de vie : 53 ans

- Taux de séropositivité : 5,6%

Pays le plus pauvre des Amériques

- 80% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté soit moins de 2 dollars par jour

- 65% de la population était au chômage

- 60% de la population est analphabète

- Plus de 2 millions de Haïtiens sont émigrés ( Etats Unis, Canada, République dominicaine, Guadeloupe, Guyane, France)

Des conditions de vie infra-humaines pour le plus grand nombre, par absence de services publics et des réseaux :

- Pas d’eau potable

- Pas d’assainissement

- Pas d’électricité
La « classe moyenne » a construit des citernes que l’on remplit par camions, a des groupes électrogènes car la fourniture d’électricité est aléatoire surtout depuis la privatisation d’Electricité d’Haïti.

UNE HISTOIRE TOURMENTEE, DES GOUVERNEMENTS SOUS DOMINATION ETRANGERE



- Sous domination espagnole puis française, Haïti conquiert son indépendance en 1804, mais le pays paiera sa libération en payant à la France une indemnité de 150 millions de francs or pendant plus d’un siècle

- 1915 – 1934 les Etats Unis occupent militairement Haïti

- 1957 - 1986, dictature des Duvalier père et fils qui règnent par la terreur sur Haïti qu’ils pillent systématiquement, la France et les Etats Unis ferment les yeux

- 1986, une véritable insurrection populaire évince « Bébé Doc » Duvalier et Haïti, sous la pression des pays occidentaux, entre dans une phase de grande instabilité due aux refus des militaires d’accepter un pouvoir civil

- 1990 élection à la présidence du père Aristide, déchu par le général Cédras, obligé d’accepter le retour au pouvoir d’Aristide en 1994 (jusqu’en 1995), sous la pression du gouvernement de Clinton

- 1995 - 2000, chaos politique arbitré par les Etats Unis

- 2000 réélection à la présidence de Jean Bertrand Aristide qui à son tour sème la terreur et pille les maigres ressources de l’Etat

- 2004 Aristide est exilé en Afrique du Sud sous la pression des Etats Unis et de la France et, peu à peu, se met en place un gouvernement qui tente de stabiliser les institutions et reconstruire une économie en ruines.

Haïti après le séïsme

Selon l’ONU 3,5 millions de personnes vivaient dans les zones dévastées par le séisme

- La capitale Port au Prince serait détruite à 60-70%
- 80 à 90% des édifices des villes de Léogane, Petit Goave et Grand Goave, Jacmel, à l’ouest de Port au Prince, plus proches de l’épicentre du séisme, se seraient écroulés.

Toutes les infrastructures, indispensables à l’organisation de secours, ont été touchées :
- La voirie de Port au Prince et les routes permettant de joindre les quartiers éloignés et les villes plus à l’ouest
- Plusieurs hôpitaux de Port au Prince en partie effondrés
- La caserne de pompiers de la capitale écroulée et en partie brûlée
- Le port est ravagé et les containers projetés dans la mer constituent autant d’obstacles à l’accostage de bateaux porteurs de secours
- Les radios ne peuvent plus émettre et les lignes téléphoniques sont coupées

Et les bilans humains sont terribles :
- Enfants enfouis sous les décombres de leurs écoles
- Elèves infirmiers et infirmières enterrés sous les ruines de l’école
- Et des dizaines de milliers de morts anonymes ou connus

L’Etat haïtien est lui aussi dévasté :
- Le Palais présidentiel s’est effondré, de même que des ministères et l’Assemblée nationale
- Une partie du gouvernement, de nombreux fonctionnaires ont disparu dans le séisme, sous les ruines des ministères
- L’Etat haïtien, dont les finances sont notoirement très faibles, n’est pas en mesure de faire face à la catastrophe, d’autant moins que les « donateurs » internationaux qui, en 2004, après l’éviction d’Aristide, s’étaient engagés à aider à la reconstruction d’ Haïti, n’ont pas ou que très partiellement tenu leurs promesses (ex la France).

Catastrophes à répétition

- 1994 cyclone Gordon, 1.122 morts, plus de 1,5 millions de sinistrés

- 2004 en mai , inondations faisant 2500 morts et 35.000 sans abri
en septembre , cyclone Jeanne : 2754 morts et 315.594 sinistrés
la ville de Gonaïves (au nord du pays) est la plus touchée

- 2007 le passage du cyclone Noël se solde par 90 morts et 108.000 sans abri

- 2008 en août, le cyclone Gustav touche terre et cause la mort de 85 personnes, essentiellement dans le sud est du pays et laisse 70.000 personnes sans toit
- en septembre, le cyclone Hanna frappe provoquant la mort de 529 personnes et laisse 48.000 sans abri de plus.|