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Droit à la santé

Filière « sang »

vendredi 9 janvier 2015

Communiqué commun de la CGT, de la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT et de la Fédération CGT de la Santé et de l’action sociale

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Le sang est une ressource précieuse. A partir d’un don bénévole, il est possible de produire du plasma thérapeutique, des plaquettes, des concentrés de globules rouges et aussi des médicaments dérivés du sang (immunoglobulines, facteurs de coagulation…).

C’est donc bien de santé publique dont on parle lorsque le don du sang, le traitement du plasma sont évoqués.

La Directive Européenne de Juin 1989, qui a servi de base à la réforme des activités transfusionnelles, ne fait pas du bénévolat la règle communautaire unique et confère aux produits dérivés du sang le statut de médicament.

La CGT a été longtemps la première et la seule à dénoncer l’application par la France de cette Directive dès qu’elle en a eu connaissance. Elle considère que le sang et ses dérivés ne peuvent être des produits comme les autres dans le cadre d’une libre circulation et d’une soi-disant concurrence « libre et non faussée ». Cette logique est celle de financiers investissant dans des outils industriels, avec comme seul objectif la maximisation de leurs profits.

Les politiques de restrictions budgétaires menées par les gouvernements successifs conduisent à des réductions drastiques des budgets hospitaliers accélérant l’ouverture à la concurrence des produits issus du don bénévole avec ceux des laboratoires pharmaceutiques qui rétribuent des donneurs.

C’est dans ce contexte que la ministre de la Santé a fait établir un rapport et des recommandations sur l’organisation de la « filière sang » en 2013. Dès que nous avons eu connaissance de ce rapport (plus qu’orienté), nous avions constaté que dans ses propositions et dans sa rédaction, ce rapport dévoilait les objectifs du gouvernement : « ouverture totale du marché à la concurrence, partenariats scientifiques, stratégiques, capitalistiques » les activités associées à l’EFS (Etablissement Français du Sang) doivent être « profitables », « Dans la mesure où des importations ponctuelles ou permanentes peuvent répondre aux besoins nationaux, se pose la question de l’autonomie nationale ». Bref servir sur un plateau au secteur privé un fleuron de savoir-faire, qui va devenir quoi ?

C’est exactement ce que l’on a fait avec l’industrie du médicament.

Aujourd’hui 80% des principes actifs sont faits hors de nos frontières. Nous sommes devenus dépendants d’autres pays avec, de plus, des problèmes avérés de qualité, de traçabilité et même de contrefaçon.

En refusant d’engager la procédure de certification de l’établissement de production de Bordeaux, le gouvernement français ouvre la porte au groupe Octapharma et à des produits qui ne satisferont pas à l’ensemble des tests requis tant à l’EFS qu’au LFB (Laboratoire de Fractionnement et de Biotechnologies).

Certes personne n’a été malade en mangeant des lasagnes à la viande de cheval à la place du bœuf mais nous parlons ici de produits issus du sang humain recueillis grâce à la solidarité active de donneurs bénévoles.

La loi de financement de la sécurité sociale intègre et facilite le passage au secteur privé de la filière sang, de même la loi Macron qui prévoit l’ouverture du capital des entreprises publiques au privé on peut craindre le pire pour le LFB qui jusqu’alors était 100% détenu par l’Etat.

Ces choix fait sous le couvert de « réduction des dépenses publiques » ne seront pas non plus sans conséquences en termes de pertes d’emploi, de savoir et de savoir-faire, tant à l’EFS qu’au LFB et accentuera encore plus notre dépendance thérapeutique amoindrissant d’autant la sécurité sanitaire du pays.


Pour la CGT, la fédération de la Santé CGT et la FNIC-CGT, l’EFS et le LFB œuvrent pour la santé publique, ils garantissent la qualité et la traçabilité de produits indispensables à des milliers de patients.

Les deux établissements et la filière sang doivent être soustraits à des pratiques de gestion et de développement ayant pour seul but la profitabilité, la rentabilité financière.

Le choix du gouvernement tourne le dos au bénévolat âme de notre modèle transfusionnel, c’est inacceptable. La loi de santé 2015 doit être discutée dans les prochaines semaines pour aboutir d’ici fin avril, chacun d’entre nous, à son niveau, doit intervenir et agir pour que le gouvernement revienne à ses responsabilités en tant que garant de la santé publique et au droit d’accès aux soins de qualité pour tous quel que soit son revenu, sa situation.

La CGT agira avec toutes celles et ceux qui sont prêts à défendre le droit à la santé pour tous et non sa financiarisation.

Montreuil, le 9 janvier 2015