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Publié le jeudi 6 septembre 2018
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Édouard Philippe signe le Pacte de Dijon pour une "nouvelle politique de cohésion urbaine et sociale"



Comme s’y était engagé Emmanuel Macron le 22 mai, Édouard Philippe a signé, le 16 juillet, le Pacte de Dijon élaboré par France urbaine et l’ADCF dans le cadre de la mission Borloo commandée par le président de la République.

Le pacte de Dijon touche à toutes les thématiques de la politique de la ville : développement économique, emploi, numérique, habitat, renouvellement urbain, mobilités du quotidien, jeunesse, éducation, formation, insertion, action sociale, santé, soutien aux familles monoparentales, sécurité, justice. Il se présente sous la forme d’une série d’engagements des agglomérations et des métropoles, avec systématiquement la mention "cela sera possible si l’État et ses services s’engagent à...". "Rien ne se fera sans l’action des agglomérations et métropoles, rien ne se fera sans l’action de l’État, rien ne se fera sans un engagement collectif, réciproque et coordonné", précise le document.

Dans ce document signé par 86 grandes villes et intercommunalités, dont l’intégralité des métropoles, les deux associations d’élus visent à "renforcer leurs actions en faveur d’une nouvelle politique de cohésion urbaine et sociale ambitieuse pour les habitants des quartiers prioritaires de la ville " et s’engagent à agir pour "la résorption des fractures urbaines et sociales", à travers une contractualisation avec l’État. Ce dernier "réaffirme son rôle en matière de sécurité, de justice, d’éducation, de logement, d’emploi, de santé et de lien social, et s’engage à accompagner au plus près les collectivités dans la mise en œuvre de leurs prérogatives".

Cette contractualisation devrait également permettre un nouveau "fléchage financier" des fonds sur les différents programmes concernés par le Pacte même si "globalement il n’y aura pas d’argent nouveau".
Le Premier ministre a donc approuvé la "nouvelle méthode de travail entre les collectivités locales et les services de l’État" proposée "pour adapter l’action publique à chaque territoire".

"Dès septembre 2018 et pour une durée de six mois, chaque territoire aura l’opportunité de renforcer son contrat de ville par la prise en compte de ses enjeux locaux spécifiques et par l’intégration des annonces gouvernementales pour les quartiers prioritaires de la ville en matière de rénovation urbaine, de sécurité et de justice, d’éducation, d’emploi et de lien social". Les collectivités peuvent maintenant se rapprocher des préfets de département.
Des groupes de travail thématiques seront également créés.

Mais "ce n’est pas l’État central qui décide de tout, le Premier ministre s’y est engagé", affirme le président de l’ADCF. Le président de France urbaine se dit "prêt à prendre de tels engagements sur d’autres politiques" comme les transports dans le cadre de la préparation du projet de loi d’orientation sur les mobilités, ou la santé à repenser à l’échelle du bassin de vie.

Pour en savoir plus

Dans une tribune intitulée "Pour la réconciliation nationale et le retour de la République dans les quartiers urbains fragilisés" et signée par cinquante élus, l’association Ville et banlieue "réclame [à nouveau] les moyens d’État permettant la mise en œuvre et la généralisation des préconisations d’actions du rapport" de Jean-Louis Borloo et des Cahiers de la coconstruction de la politique de la ville, issus des groupes de travail mis en place par le ministère de la Cohésion des territoires. "Nous n’avons toujours ni compris, ni admis, le rendez-vous manqué du 22 mai du président de la République avec des millions de ses concitoyens, et redoutons la survenue du pire pour la cohésion nationale", expliquent ces derniers, craignant que, du côté de l’exécutif, "l’entêtement se mue en faute morale".

(Sources : Caisse des dépôts et AEF)