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Publié le mercredi 27 juin 2018
En direct de l’institutionnel

Discours de Quimper - Emmanuel Macron décline sa vision d’une « décentralisation de projets »



Dans un discours fleuve prononcé le 21 juin à Quimper, le président de la République s’est principalement centré sur une série de « défis » spécifiques pour le territoire breton : économie de la mer, littoral, agriculture et PAC... Il y fut aussi question de transports avec l’approche de la loi sur les mobilités, d’attractivité et de développement régional et d’organisation territoriale à l’approche de la réunion du Congrès à Versailles et de la Conférence nationale des territoires prévues en juillet.

« Nous devons adapter l’organisation de l’État dans le territoire, et sans doute aussi un peu la relation entre l’État et le territoire. C’est tout le sens des engagements que j’ai pris lors de la Conférence nationale des territoires le 17 juillet dernier, au cours de laquelle j’ai indiqué vouloir rompre avec l’exercice jacobin des responsabilités publiques au profit d’une mise en œuvre partagée, concertée, des politiques publiques. »

« Il y a trois principes qui guident ma logique en la matière. Le premier principe, c’est que tous les territoires n’ont pas les mêmes atouts et donc le même rôle dans l’économie de demain, que nos politiques doivent s’adapter à ces réalités. »

« Le deuxième principe, c’est penser une nouvelle génération de la décentralisation. […] Ces dernières années, nous avons perdu beaucoup de temps dans des débats abscons sur la décentralisation des compétences. Des débats qui ont conduit à des guerres entre l’État et les collectivités […] et des querelles entre les niveaux de collectivités. Est-ce que le transport scolaire devait revenir à la région ou au département ? Cela nous plonge collectivement dans des abimes de réflexion… On a perdu beaucoup de temps, on n’a réglé aucune situation. Je ne crois pas en une nouvelle étape de la décentralisation ou de la recentralisation, en tout cas en un débat théorique. Mais en une décentralisation de projet. Nos concitoyens veulent des solutions et des projets. Et donc je crois en l’organisation qui permet de leur apporter au plus vite et au mieux une réponse. Il y aura des territoires où il faut le faire avec la métropole ou la communauté de communes, d’autres où c’est avec le département, ou la région. Parfois c’est à l’État de le faire lui-même. Il faut être pragmatique, évaluer, changer l’organisation quand elle n’est pas la bonne. La différenciation territoriale pour s’appuyer sur les projets locaux et développer les solidarités entre collectivités, c’est, je pense, un bon principe. »

« Le troisième principe, c’est que nous devons investir dans les territoires, non pas dans un objectif défensif, mais dans un objectif offensif de transformation industrielle, agricole, sociale, pour accompagner les transitions. […] Je ne crois pas qu’il faille être dans un discours défensif – ce que j’entends quand on me dit “vous ne savez pas parler à la campagne, la campagne il faut la protéger et la défendre”. Mais…allez vivre dans la campagne ! Les gens ne demandent pas à avoir des subventions et à être défendus ! Ils veulent pouvoir porter les projets comme les autres ! Ils veulent une politique aussi offensive qu’ailleurs, une politique de projets.
Pour répondre à cela, il me semble que la Bretagne est un bon laboratoire. Je voudrais faire de la Bretagne de cette décentralisation de projets. »

« De nouvelles perspectives s’ouvriront, je l’espère, avec la révision constitutionnelle que j’appelle de mes vœux, qui permettra de reconnaître dans la constitution, avec un article 72 nouveau, un principe de différentiation territoriale. C’est-à-dire la possibilité pour une collectivité d’avoir des compétences ou une organisation différente des collectivités de même strate. Ce nouvel article 72, il permet de donner le cadre institutionnel, constitutionnel, aux trois principes que j’évoquais. […] J’ai confiance dans nos parlementaires, je crois que cette réforme est attendue, elle est importante. »

« Je partage votre proposition de coordonner l’ensemble des actions de l’Etat et de la région sur le territoire autour d’un contrat unique, sur la base des intercommunalités. »

(Source : Caisse des Dépôts et consignations)