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Carrefour Market Croix d’argent (Montpellier)

Diffamée et dénigrée, la CGT obtient justice

mardi 15 avril 2014 , par Frédéric Dayan

Dans une ordonnance rendue le 20 mars dernier, le tribunal de grande instance de Montpellier a condamné Carrefour Market à verser 1.200€ au syndicat de ce magasin. Il s’agit là d’une "provision à valoir sur le préjudice subi" en raison du comportement du responsable du magasin de la Croix-d’Argent qui, lors des élections professionnelles en 2013 s’est livré à des manœuvres de dénigrement de la CGT et à des pressions sur des salariés en faveur de candidats CFDT ou FO.

Les faits en cause sont établis par la justice sur la foi d’attestations de salariés. La direction du magasin a convoqué le dimanche 24 mars 2013, avant l’ouverture, tous les salariés présents (tous étudiants). Micro à la main, le directeur de l’époque (muté depuis, janvier, mais pas sanctionné a tenu un discours discriminatoire, diffamatoire et violent à l’encontre des candidats CGT et a appelé à voter pour les autres candidats présentés par la CFDT ou FO.
C’était sans compter sur l’émotion et l’indignation de certains jeunes salariés qui ont rapidement averti le syndicat CGT et lui ont fourni des attestations de témoignages lui permettant d’attaquer en justice. Plus grave encore, quand la direction a eu connaissance du nom des employés ayant produit une attestation, elle a tenté de les intimider par des menaces, des pressions et des chantages
pour qu’ils se rétractent, "avec l’aide de certains cadres et de l’agent de sécurité de l’époque (muté, lui aussi) qui ont même osé produire des attestations mensongères en justice", assure le syndicat dans un communiqué.
La CGT vient donc de gagner une manche dans le bras de fer qui l’oppose à la chaîne Carrefour Market, mais la meilleure des sanctions lui a été infligée par les salariés eux-mêmes qui, en dépit des pressions ont crédité la CGT de 75 % des voix lors de l’élection.

Le juge des référés a estimé que le comportement du directeur du magasin a "enfreint de manière caractérisée l’interdiction posée à tout employeur par le code du travail d’utiliser tout moyen de pression en faveur où à l’encontre d’une organisation syndicale". Il indique que "huit témoignages sur douze personnes présentes lors de la réunion du dimanche" assurent que la CGT y a été "décrite comme un syndicat virulent et perturbateur du bon fonctionnement afin de limiter son influence au sein du magasin".

Dans un communiqué, le syndicat et l’union locale CGT de Montpellier se sont félicités de cette "belle victoire". Le syndicat affirme étudier désormais "la possibilité d’un jugement sur le fond pour que les directions régionale et nationale s’expliquent en audience publique sur leur acharnement envers la CGT et ses militants".