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Publié le lundi 31 août 2015

Des bons salaires, ça passe par un Smic et des grilles de haut niveau



Le gouvernement n’a, à nouveau, pas accordé de coup de
pouce au Smic au 1er janvier
2015. En prenant cette décision, il continue dans la lignée de ces
prédécesseurs à écouter le patronat
qui considère que les salaires sont
un coût pour l’économie française.

Au contraire, le Smic est un des remparts contre la déréglementation que
les libéraux veulent mettre en œuvre.
Il est un obstacle contre le travail
traité comme une marchandise qui
se vendrait et s’achèterait au prix du
marché.

En Allemagne, pays devenu la référence du patronat, de la Commission
Européenne, des gouvernements, avant la mise en place du salaire
minimum début 2015, on établissait en 2010 à 6,5 millions de personnes
le nombre de personnes touchant
moins de 10 euros de l’heure, certains devant même vivre avec moins
de 4 euros. En l’attente de l’entrée
en vigueur du salaire minimum entre
2015 et 2017, l’Allemagne est un des
pays où existent le plus de « salariés
pauvres ».

Contrairement à ce qu’affirme le
patronat, ce n’est pas le Smic qui
est trop élevé. Ce sont les salaires
qui sont trop bas et pour certains,
trop proches du Smic.
Les allègements de cotisations
sociales, pour les salaires jusqu’à
3,5 fois le Smic (2 300 euros), sont
des véritables cadeaux octroyés
au patronat par les gouvernements
successifs depuis 1993 et bientôt
renforcés par l’actuel gouvernement.
Ils sont des scandaleuses « trappes
à bas salaires ». Le patronat a tout
intérêt à garder les salariés dans
le créneau autour du Smic pour se
faire subventionner à bon compte par
l’argent public (le nôtre...). Résultat :
plus de 55 % des salariés reçoivent
un salaire horaire inférieur à 1,6 Smic.

La CGT considère que le Smic a cinq
caractéristiques indissociables.
- C’est
un salaire minimum
qui reconnait le
travail effectué pour un salarié sans
qualification et qui doit être suffisant
pour une existence normale et digne.
Les grilles de salaires au dessus de
ce minimum doivent reconnaitre les
qualifications et les évolutions
de carrière.
- C’est un salaire interprofessionnel qui doit donc s’appliquer à tout salarié travaillant en France, quelle que soit sa profession, son âge, son entreprise et sa nationalité.
- C’est un salaire de croissance qui doit permettre aux salariés
de
bénéficier du développement
économique et des progrès de
la productivité du travail et de
la valeur ajoutée
qu’elle crée.
- C’est un salaire horaire et mensuel
auquel tout salarié sans exception
doit pouvoir prétendre.
- C’est donc
un repère collectif fiable auquel les
salariés peuvent s’accrocher pour
revendiquer pour leur propre salaire.

Contrairement aux libéraux, la CGT
affirme que les salaires sont une
richesse qui permet aux salariés de
vivre dignement et ils participent à la
croissance du pays, notamment par
la consommation qu’elle génère.

Ce sont sur ces bases que nous
pouvons revendiquer dans les entreprises ! Ainsi, sur chaque lieu de travail nous pouvons nous poser les
questions sur la juste rémunération
de notre force de travail :

Mon salaire suffit-il à m’assurer
une existence normale et digne ?

Puis-je assurer mes dépenses
contraintes (loyer, eau, électricité, impôts, transports, éducation des enfants, etc.) et profiter
du fruit de mon travail pour des
loisirs légitimes (vacances, spectacles, sports, ...).
Si non, je
revendique avec la CGT pour un salaire décent et de bon
niveau

Existe-t-il une grille de salaires
en vigueur dans mon entreprise
conforme aux différentes qualifications et expériences qui y
coexistent ?
Si non, je revendique avec la CGT pour une
grille de salaire adaptée.

Mon propre salaire est-il conforme
à mes qualifications, mon expérience. Le temps que j’ai passé
dans cette entreprise (ou dans une autre) est-il justement pris
en compte ?

Mon propre salaire
a-t-il une différence suffisante
avec le premier échelon de la
grille en vigueur qui rémunère à
sa juste valeur ma qualification
et mon expérience ?
Si non, je
revendique avec la CGT pour un salaire adapté à ma situation.

Suis-je à temps complet et est-ce
que je perçois un salaire complet
ou suis-je en temps partiel subi
avec un salaire qui ne me permet pas de vivre dignement ?
Si non, je revendique avec la
CGT pour un passage à temps complet avec mes autres col-
lègues dans la même situation.

Tous mes collègues, tous les
salariés que je connais, quel
que soient leur profession, leur
nationalité, leur entreprise sont-ils payés selon leur qualifications
et les évolutions de carrière qui doivent être les leurs ?
Si non, nous sommes solidaires et
revendiquons collectivement
avec la CGT pour que nous
ne nous retrouvions pas en
concurrence entre nous et
que le patron ne se serve pas
de cet argument pour ne pas
nous payer correctement.

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La CGT revendique :

  • Une revalorisation du Smic à 1700 euros bruts ;
  • Une revalorisation des salaires :
    - Par l’ouverture immédiate de négociations dans les entreprises et les branches,
    - Par l’arrêt immédiat du gel de l’indice des fonctionnaires,
    - Pour répartir plus justement les gains de productivité et favoriser la croissance et l‘emploi,
    - Pour maintenir et faire progresser le pouvoir d’achat,
    - Pour l’égalité entre les femmes et les hommes,
    - Pour rémunérer à leur juste valeur les qualifications.