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Assurance chômage

Denis Gravouil : « On a bien l’intention de continuer la bataille »

jeudi 8 mars 2018

Au prétexte d’étendre l’assurance-chômage aux indépendants et aux salariés démissionnaires, le gouvernent prépare une réforme profonde du système et envisage de durcir, encore plus, le contrôle des chômeurs. Denis Gravouil, dirigeant de la CGT, décrypte cet accord et nous livre l’analyse de la CGT.

La ministre du Travail l’a annoncé : l’accord assurance-chômage soumis à signature sera repris dans la loi. Concrètement, seules 10 000 à 15 000 personnes auront des droits nouveaux (certains démissionnaires et indépendants). La surveillance des privés d’emploi sera quant à elle augmentée, se basant sur l’amalgame « chômeurs = fraudeurs » (en réalité, la fraude ne dépasse pas les 0,4 %…).

Cinq points de négociation ont été abordés :

  • démissionnaires : dans le cadre d’un projet professionnel, ils pourraient être indemnisés après consultation d’un conseiller en évolution professionnelle et validation de Pôle emploi et d’une autre instance. Sous ses airs d’avancée, ce projet est excluant : seules les personnes ayant cinq ans ou plus d’ancienneté pourront en bénéficier, mettant de côtés les jeunes en CDD par exemple ;
  • travailleurs indépendants : le patronat s’est toujours opposé à ce qu’ils obtiennent les même droits que les salariés. Seule concession : une sorte de RSA pour quelques-uns d’entre eux ;
  • lutte contre la précarité : là encore, le patronat refuse une surcotisation ou un système de bonus/malus en cas de surutilisation de contrats précaires. La seule mesure prise sera un état des lieux au niveau des branches en 2019 ;
  • sanctions contre les chômeurs : les sanctions seront renforcées, obligeant les chômeurs à accepter toutes les offres « raisonnables » d’emploi (qui sont loin de l’être toutes...) ;
  • gouvernance : le gouvernement veut supprimer l’Unedic afin de reprendre la main et mettre en place un système plus contraignant pour les privés d’emploi.

La CGT n’a pas l’intention de se laisser faire. La lutte continuera tous le printemps pour que les précaires et privés d’emploi soient respectés. Une carte pétition a par exemple été réalisée par le Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires CGT pour permettre aux citoyens et militants de s’engager pour l’assurance chômage.