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Publié le mercredi 26 février 2014

Déclaration liminaire d’Eric Aubin, dirigeant de la CGT, lors du point presse du 25 février 2014



Ce point presse se tient à l’avant-veille d’une quatrième séance de négociation sur la convention d’assurance chômage.
La dernière a été marqué par un coup de colère de la délégation CGT qui a cru bon déchirer le document envoyé la veille au soir et appeler à se préparer au rapport de force.
Ce coup de colère a deux raisons :

D’abord le fait que ce document patronal ait été présenté comme un texte cadre pour un accord : cela peut paraître de la forme mais ce n’est pas que de la forme. Nous ne pouvons plus accepter que la négociation se déroule au MEDEF, sur une présidence et à partir d’un document du MEDEF. Ceci n’est plus tolérable, le gouvernement doit nous entendre.

Ensuite, sur le contenu. En effet, le patronat entend faire payer le déficit de l’Unedic par les plus fragiles. Ceci au nom d’une pseudo « équité », qui n’est dans ce cas qu’un nivellement par le bas.

Pour ce faire, il propose de remettre en cause le régime de l’activité réduite (qui permet de cumuler, si l’on peut dire petits boulots et indemnisation partielle), et de supprimer les annexes 4 (intérimaires), 8 et 10 (intermittents du spectacle).

Ce sont les salariés qui subissent la précarité, les employeurs en abusent. Le MEDEF et la délégation patronale refusent jusqu’à présent de s’attaquer à l’abus du recours à la précarité, ils l’encouragent, et veulent la faire payer une deuxième fois aux plus précaires : pour eux, c’est la double peine !

La partie patronale entend aussi passer à un mode de calcul basé sur les salaires nets et non bruts : outre que cela engendrera des inégalités encore plus grandes entre salariés, cela cache la volonté de transférer une partie des cotisations sociales à la solidarité nationale. Le coût du Capital, c’est aussi cela : transférer à l’impôt, donc à chacun d’entre nous, les cotisations, pour mieux confisquer les richesses créées par le Travail.

La CGT n’acceptera pas de recul de droits pour les demandeurs d’emploi.

Notre projet s’est construit à partir d’une réalité, le chômage des jeunes augmente malgré les emplois aidés, le chômage des seniors, malgré les discours des employeurs, a augmenté de près de 13% en un an et le chômage de longue durée explose pour toucher 2,1 millions chômeurs contre 900.000 il y a 3 ans.

Nous proposons une amélioration des droits en portant la durée d’indemnisation à 36 mois pour tous les demandeurs d’emploi et 60 pour les seniors.

Concernant les jeunes (mais aussi nombre de personnes, notamment de femmes, se retrouvant tard sur le marché du travail), ils ont énormément de difficultés à travailler 4 mois pour s’ouvrir des droits.

Nous proposons donc de permettre aux primo demandeurs d’emploi d’ouvrir des droits dès deux mois de travail.

La CGT a porté la proposition de droits rechargeables lors des précédentes négociations. Nous portons un dispositif simple, compréhensible par les demandeurs d’emploi eux mêmes et par les agents de pôle emploi qui, travaillant dans des conditions difficiles, ont du mal à appliquer des dispositifs trop complexes.

Tout le monde reconnait que la formation qualifiante aide au retour à l’emploi. Les mesures prisent dans l’accord sur la formation professionnelle sont insuffisantes. Il convient donc de prendre des mesures à la hauteur des besoins.

Nous proposons la portabilité du CIF. Il est inconcevable que les salariés qui ont droit au CIF quand ils sont au travail le perdent lorsqu’ils tombent au chômage.

Nous proposons également qu’un dispositif pour tous les demandeurs d’emploi qui n’ont pas bénéficiés de formation dans les deux ans avant d’avoir perdu leur emploi soit créé et financé à 50% par l’OPCA auquel le demandeur d’emploi appartenait et à 50% par Pôle emploi, la région et l’entreprise lorsqu’elle existe encore.

Pour financer ces droits, deux mesures tenant compte que 51% des entrées à Pôle emploi sont des fins de contrats précaires et que les ruptures conventionnelles représentent 80% du déficit annuel de l’Unedic.

Bien que l’accord de janvier 2013 prévoit une sur cotisation pour les contrats courts, beaucoup d’entre eux passent à travers les mailles du filet.

Nous proposons donc une sur cotisation pour tous les contrats courts. Les ressources supplémentaires, selon le chiffrage de l’Unedic, seraient de 1,4 milliards d’euros.

Nous proposons également de soumettre à une contribution proportionnelle à l’indemnité perçue par le salarié toute rupture conventionnelle.

Cette contribution serait de 10% pour les ruptures conventionnelles des moins de 50 ans, de 15% pour les 50, 55 ans et de 20% pour les plus de 55 ans.

Enfin, sachant que 0,1% d’augmentation de cotisation représente 500 millions d’euros, nous n’excluons pas d’y recourir.
Certains sujets sont abordés dans cette négociation, c’est le cas de l’AER, de l’ASS et de la situation des jeunes. Cependant, il manque un acteur, l’état.

Nous proposons donc une négociation tripartite sur ces trois sujets.
Pour finir, nous avons proposé qu’une négociation spécifique s’ouvre sur les annexes 8 et 10, sur la base de nos propositions, afin de sortir du dogmatisme et des idées reçues.

Voilà ce que doit être pour la CGT une négociation qui prend en compte l’environnement, la situation des différentes populations et la difficulté déjà avérée des demandeurs d’emploi. Face à l’augmentation de la précarité, nous œuvrons à une vraie sécurité sociale professionnelle : faire reculer le recours aux contrats précaires, et assurer des droits nouveaux à celles et ceux qui la vivent.