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Publié le vendredi 22 octobre 2004

Déclaration de la Cgt à la table ronde sur l’Ecole



La Cgt était présente à la table ronde organisée à Matignon le 21 octobre 2004 afin de débattre d’une transformation de l’école, porteuse de plus d’égalité, de justice sociale et donc en capacité d’éradiquer l’échec scolaire.

La Cgt milite pour une transformation de l’Ecole afin que celle-ci soit porteuse de plus d’égalité et de justice sociale, et donc mise en capacité d’éradiquer l’échec scolaire.
Des exigences nouvelles s’affirment. Aujourd’hui, le système éducatif répond mal aux attentes et aspirations d’un nombre croissant de jeunes et de leurs familles, aux besoins de développement économique comme aux besoins sociaux et culturels.
Il ne répond toujours pas à l’exigence d’égalité des droits. Les inégalités se creusent et les fractures s’accentuent.
L’élévation globale des niveaux de formation s’est traduite par une massification à tous les niveaux, du collège à l’université, mais ce mouvement n’a pas été accompagné par une démocratisation du système éducatif.
Les inégalités sociales se reproduisent toujours dans le choix des filières. Le nombre de sorties du système éducatif sans qualification reste à un niveau élevé. 110 000 jeunes, c’est beaucoup trop.
Si l’organisation et le fonctionnement du système éducatif produisent des inégalités, il ne peut en être tenu pour seul responsable.

Il s’agit de passer ainsi de la massification à la démocratisation du système en faisant que les conditions sociales ne soient, pour personne, un obstacle à la poursuite d’études et à l’acquisition d’une formation.

C’est avec cet objectif que la CGT s’est inscrite, avec ses organisations, dans le « grand débat » afin de contribuer à cette réflexion collective sur ce que devraient être ces transformations.

C’est dans le même état d’esprit qu’elle se trouve aujourd’hui mais :
- Il y a des problèmes de contenus ;
- Il y a des questions de méthodes.

Sur ces dernières, la Cgt porte l’exigence que les différents acteurs, pris dans leur plus large acception, soient réellement entendus. Cela nécessite donc de trouver des méthodes qui permettent un véritable débat interactif en vue de construire une réforme partagée.

En ce qui concerne les contenus, la future loi d’orientation devra se traduire par des objectifs ambitieux, accompagnés des moyens programmés pour la réalisation de ceux-ci. Il s’agit de redonner du sens à l’Ecole.

Pour la CGT, « l’objectif de 100% d’une classe d’âge qualifiée, dont 80% au niveau du baccalauréat » est compatible avec « la maîtrise à l’issue de la scolarité obligatoire des compétences nécessaires à une vie personnelle et à une intégration sociale réussie ». La CGT réaffirme que ces objectifs chiffrés doivent être atteints pour répondre aux besoins de qualification de notre pays et à l’élévation générale des niveaux de formation qu’ils induisent. C’est d’ailleurs ce que faisait ressortir le rapport du Haut Comité à l’Evaluation de l’Ecole, notamment au plan de l’accès d’au moins 45% d’une classe d’âge à l’enseignement supérieur.

Le rapport Thélot fait l’actualité. Il est, pour la Cgt, un élément contributif à la réflexion commune mais il ne peut être le seul. La Cgt partage un certain nombre d’objectifs énoncés dans l’introduction de ce rapport, tels la « réussite pour tous », la prise en compte de « l’hétérogénéité de la population scolaire » et « l’élévation générale des niveaux de formation ». Pour autant, l’affichage de principes ne peut en garantir la mise en œuvre.
« Lire, écrire, compter... » ne saurait suffire seul à former le « socle » des enseignements fondamentaux obligatoires. La CGT refuse cette conception utilitariste du système éducatif tourné vers la seule employabilité qui s’appuie sur une projection contestable de l’évolution de l’emploi peu qualifié.

La formation tout au long de la vie ne peut, comme l’induit le rapport, être réduite à un substitut de la formation initiale ou à répondre aux seuls besoins des « employeurs privés et publics ». De même, pour la formation professionnelle initiale, l’apprentissage ne peut être conçu, selon le choix gouvernemental, comme devant se développer aux dépens de l’enseignement technologique et professionnel.

La Cgt partage l’objectif de définir une culture commune acquise par chaque jeune au cours de la scolarité obligatoire. Il reste à préciser qui aura la légitimité de définir une telle culture. Cette dernière ne pouvant être conçue a minima sous peine qu’une partie des jeunes s’en trouvent alors exclus. La CGT préconise, au contraire, l’allongement de la scolarité jusqu’à 18 ans dans le cadre du service public d’éducation et d’orientation.

La préparation de l’orientation, via la distinction, dans les enseignements communs à tous, entre le socle commun des « indispensables » et les « autres enseignements communs fondamentaux » et les enseignements optionnels personnalisés aboutira à ce que les élèves ne soient pas tous traités de la même façon.

La Cgt a toujours défendu l’objectif d’une école de « la réussite pour tous », dans l’intérêt des jeunes et de la Nation. C’est pour elle une exigence de transformation qui nécessite une programmation de moyens humains et financiers. Il s’agit de garantir l’égalité de tous dans l’accès à l’éducation et à la qualification ainsi que la gratuité réelle des études. Les conditions sociales ne doivent constituer pour personne un obstacle à la poursuite d’études.
Ce n’est pas l’option prise par la commission Thélot. Ce ne sont pas non plus les orientations de la politique gouvernementale qui, depuis 3 ans, supprime plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans l’Education.

L’effort à faire ne peut reposer sur une remise en cause des conditions de travail des personnels de l’Education nationale, notamment par un alourdissement de leur service, une plus grande flexibilité et des mobilités contraintes, comme on ne trouvera pas les réponses aux problèmes posés par un renforcement de la hiérarchisation à l’intérieur des établissements du premier comme du second degré.
La Cgt ne se satisfait pas, en l’état, de ces propositions. Elle entend donc intervenir dans le débat pour que ses exigences soient prises en compte dans le cadre de la future loi d’orientation.