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ALSTOM

Courrier de Thierry Lepaon adressé au Président de la République le 20 mai 2014

mercredi 21 mai 2014 , par Laura

" Monsieur le président de la République,

L’avenir du groupe ALSTOM et sa cohérence industrielle semblent toujours aussi incertains. Les offres connues à ce jour ne répondent pas à la nécessaire préservation de ce fleuron de l’industrie française. En effet, nous risquons d’assister à une vente à la découpe de l’entreprise entre sa branche énergie et sa branche transport. Pire, ces deux entités risquent elles-mêmes d’être scindées par activités en fonction de leurs rentabilités respectives. Certaines promesses qui consistent à assurer le maintien des centres de décisions et de recherches dans notre pays, ne peuvent être considérées comme satisfaisantes alors que des milliers d’emplois dans les secteurs de production seraient menacés et délocalisés hors de nos frontières.

L’expérience passée et la situation laissée par la gouvernance actuelle doivent nous servir de leçon. Les intérêts financiers ne peuvent l’emporter sur l’intérêt général. ALSTOM est le principal fournisseur de grandes entreprises ayant des missions de services publics comme EDF, la SNCF, la RATP ou AREVA par exemple.

A ce titre, les décisions prises peuvent également avoir des conséquences dramatiques sur les salariés de ces entreprises. La maintenance et l’entretien des matériels roulants représentent des milliers d’emplois. Par ailleurs, la maitrise de l’énergie, nucléaire ou renouvelable, est un enjeu national. C’est ce que la CGT a rappelé dans le cadre du débat sur la transition énergétique.

Vous le savez, c’est pour l’ensemble de ces raisons que nous sommes favorables à une solution permettant à l’Etat d’entrer majoritairement dans le capital d’ALSTOM. 

Cette solution peut et doit favoriser un lien étroit avec les différents acteurs des filières concernées et travailler à des projets communs. Les salariés y sont favorables, ils l’ont déjà fait régulièrement dans un passé récent à l’exemple du TGV.

Loin d’être un acte nationaliste ou protectionniste, c’est un exemple significatif de la conception et du rôle d’un Etat stratège en matière industrielle. Cette solution n’altère en rien les possibilités de coopérations mutuellement avantageuses avec d’autres groupes industriels principalement européens.

Les réflexions et la décision de quelques membres d’un conseil d’administration ont été prises en dehors de toute information des institutions représentatives du personnel, des salariés, y compris de l’encadrement supérieur. C’est inacceptable.

C’est pourquoi et compte tenu des enjeux économiques et sociaux pour notre pays, je vous propose, avec Virginie GENSEL, Secrétaire générale de la Fédération Mines-Energie CGT, Gilbert GARREL, Secrétaire général de la Fédération des Cheminots CGT, Jérôme VERITE, Secrétaire général de la Fédération des Transports et Philippe MARTINEZ, Secrétaire général de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie CGT, la mise en place d’un groupe de travail incluant l’ensemble des acteurs concernés par l’avenir de l’entreprise. Cela signifie notamment la SNCF, la RATP, EDF et des collectivités locales.

Le décret du 15 mai dernier relatif aux investissements étrangers qui étend, entre autres, aux secteurs de l’énergie et du transport, l’autorisation préalable du Ministre de l’Economie à toute acquisition, doit être utilisé pour favoriser cet état des lieux et pour permettre de dégager un consensus avant toute décision.

Certain que vous serez sensible à nos arguments et à l’intérêt national, recevez monsieur le président de la République, mes respectueuses salutations.

Thierry LEPAON
Secrétaire général de la CGT"