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Rencontre avec les syndicats espagnols

Convergences syndicales par delà les Pyrenées

lundi 10 mars 2014 , par Frédéric Dayan

Alors que se prépare une grande Euromanifestation à Bruxelles le 4 avril à l’appel de la Confédération européenne des syndicats, le secrétaire général de la CGT a rencontré le 7 mars à Madrid ses homologues de l’UGT, Cándido Méndez Rodríguez et des commissions ouvrières (CC.OO.), Ignacio Fernandes Toxo.
L’occasion pour les dirigeants syndicaux des deux pays de mesurer la convergence de vues sur la situation dégradée des travailleurs dans les deux pays, et les menaces qui pèsent sur les droits civiques, sur le système de négociation collective en Espagne ou encore sur les libertés syndicales.

L’augmentation du chômage, notamment de la jeunesse, menace l’avenir d’une grande partie de la population active en Espagne et préoccupe fortement les syndicats espagnols. La politique menée par le gouvernement Rajoy soulève des interrogations et réserves considérables chez les syndicats. Les trois dirigeants syndicaux partagent l’analyse que les politiques menées aussi bien par le gouvernement français que par le gouvernement espagnol se ressemblent beaucoup – à la différence près qu’en France la coalition s’affiche de centre-gauche, et en Espagne de la droite « décomplexée », ce qui lui permet, à ce titre, de s’attaquer à des droits civiques fondamentaux, comme le droit à l’avortement.

Le démantèlement du système de négociation collective en Espagne (qui comporte en particulier l’abandon de la hiérarchie des normes) jette les travailleurs de plus en plus dans une négociation individuelle face à leur employeur.
Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, a souligné que ces coupes dans les droits des travailleurs concernent tous les européens. Les salariés en France en ressentent d’ailleurs déjà les conséquences, car les nouvelles réalités en Espagne servent de prétexte au chantage ici.

L’échange a ainsi porté sur les difficultés qu’affrontent les Espagnols. Celles-ci ne relèvent pas uniquement du domaine économique, mais concernent également les droits civiques et fondamentaux.

Les syndicalistes espagnols ont insisté sur le renforcement des lois répressives, prétendument dirigées contre le terrorisme, mais en réalité appliquées contre des syndicalistes. Il en est ainsi par exemple du procès pénal actuellement en cours contre huit syndicalistes d’Airbus Getafe dans la banlieue de Madrid. Procès dans lequel le procureur requiert plus de 8 ans de prison ferme en moyenne contre chacun d’entre eux pour une participation à la grève générale appelée par les deux centrales espagnoles.
Des échauffourées avec les forces de l’ordre servent de prétexte pour criminaliser l’activité syndicale. Thierry Lepaon a transmis la solidarité de toute la CGT aux camarades espagnols de l’UGT et des Commissions ouvrières dans leurs efforts pour défendre le droit de grève en Espagne et aux huit accusés.

La suppression du droit de l’avortement projeté en Espagne est une autre préoccupation de la UGT et des CCOO et était le principal mot d’ordre pour la grande manifestation à Madrid du samedi 8 mars à l’occasion de la journée internationale des Femmes.
En marge de cette rencontre, les dirigeants se sont accordés sur leur analyse convergente de la situation des confédérations européenne des syndicats (CES) et la CSI, en préparation des congrès qui auront lieu dans les prochains mois.