La cgt

NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Dépêches

Mondial de foot 2022 au Qatar

La CSI dénonce les conditions sociales inhumaines sur les chantiers

lundi 17 mars 2014 , par Frédéric Dayan

En dépit des dénégations et des promesses des autorités du richissime émirat organisateur de la coupe du monde football 2022, la Confédération syndicale internationale persiste à dénoncer les conditions "inhumaines" de migrants originaires d’Inde, du Sri Lanka, du Népal et du Bangladesh exploités sur les chantiers des infrastructures.

Dans un rapport, la CSI rapporte que sa secrétaire générale Sharan Burrow a vu, lors d’une visite sur le chantier du stade Al-Wakrah, 38 travailleurs asiatiques "vivant dans des conditions inhumaines" : matelas posés à même le sol sous les gradins, à plus de 10 par pièce, cuisine et hygiène avec "une eau saumâtre"...

La CSI demande instamment au gouvernement qatari de :
- mettre un terme au système de kafala le système de parrainage qui enchaîne les ouvriers à leur employeur ;
- adopter des lois prévoyant la liberté syndicale et la négociation collective pour que la main-d’œuvre ait la possibilité de s’exprimer ;
- mettre en place un processus efficace de résolution des conflits sociaux ;
- assainir le système de recrutement et travailler avec des agences de recrutement internationales réputées ;
- en finir avec un système de rémunération basés sur la race et adopter un salaire minimum pour tous les travailleurs, indépendamment de leur race ou de leur origine nationale.

En réponse les dirigeants quataris du comité d’organisation du Mondial-2022 se sont dit "pleinement conscients des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que pays organisateur (...) et nous sommes engagés à les relever". Mais "il est décevant" que le rapport de la CSI comporte "des erreurs et des tentatives de discréditer le travail positif que nous faisons", a-t-il ajouté dans un communiqué. Le Qatar a publié en février une charte censée améliorer les droits des quelque 1,4 millions de travailleurs étrangers.

Le comité exécutif de la FIFA, qui avait été mandaté pour enquêter sur les droits des travailleurs au Qatar, doit se réunir à nouveau le 20 mars à Zurich. Lors d’une audience au Parlement européen, la fédération internationale de football a reconnu les épouvantables conditions des travailleurs migrants au Qatar, mais sans réclamer l’abolition du système de kafala.