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Télécommunications

Chez SFR, des pratiques dignes de l’Ancien Régime

jeudi 28 juin 2018

Dans un récent communiqué cinq syndicats dénoncent les pratiques abusives de la direction de l’entreprise SFR, où l’arbitraire règne en maître.

Macron regrettait l’absence de la « figure du roi » dans la politique française. Travailler à SFR distribution lui permettrait de savourer cet arrière-goût d’Ancien Régime.

Cinq organisations syndicales (Fapt-CGT CFE-CGC, CFDT, CFTC, et Unsa) décrivent le comportement despotique des proches d’actionnaires sur les salariés dans un communiqué.

Ainsi, le 15 mai 2018, un vendeur de Montesson (78) s’est vu sommer par la sœur d’un actionnaire de lui photocopier son avis d’imposition. Il s’exécute… jusqu’à ce qu’elle lui ordonne de photocopier ceux de ses amis ! Ayant mieux à faire (son travail, par exemple…), il lui exprime courtoisement son refus (sans ironie : les clients et vendeurs présents lors de l’incident ont en effet attesté sur l’honneur que le vendeur s’était montré courtois et correct). On ne refuse pas à un ordre de la noblesse. Convoqué en entretien préalable à licenciement peu de temps après, la sentence a été exécutée : le salarié est licencié pour manque de respect à une collaboratrice.

Un mois plus tard, le 7 juin 2018, c’est un responsable point de vente du Forum des Halles qui est victime des desiderata de ces seigneuries. Convoqué par la directrice des ressources humaines en entretien préalable à licenciement, il s’est vu reprocher le fait de ne pas être « systématiquement en dress-code sur la surface de vente ». D’après le communiqué, cet entretien était également orchestré par une proche de la famille de l’actionnaire travaillant sur le point de vente. Malgré 17 attestations sur l’honneur de ses vendeurs, qui affirment qu’il est un responsable bienveillant, le couperet s’est également abattu sur sa carrière…

Que notre président de la « République » se rassure : l’arbitraire royal et l’esprit de cour ont encore de beaux jours devant eux, mis en pratique qu’ils sont par cette réincarnation de la noblesse qu’est le grand actionnariat.

Face à ces injustices, les cinq organisations rédactrices du communiqué exigent la réintégration immédiate de ces collaborateurs, censés recevoir la protection de leur direction face à des situations aussi explicitement abusives.