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Publié le mercredi 28 mai 2008

Centres d’appels : une connexion syndicale prometteuse



La CGT du Nord engage une campagne de syndicalisation des salariés des centres d’appels à partir de leurs conditions de travail. Par Régis Frutier

Villeneuve-d’Ascq, 8 h 45, une file ininterrompue de voitures se dirige au pas vers le parc de la Haute Borne. Ici se concentre une kyrielle de plateformes téléphoniques ; Lazer Contact, Orange, Téléperformance ou encore Cofidis qui, à lui seul, compte 1 600 salariés sur le site. « En une heure, on peut distribuer jusqu’à 1 000 tracts », explique Vincent Delbar, secrétaire de l’union locale CGT de Lille.
Des quantités de salariés, relevant d’entreprises différentes avec des statuts divers, et qui pour la plupart n’ont aucun contact avec le syndicat, travaillent dans le secteur. Difficile de les aborder. Depuis janvier cependant, les syndicalistes ont avec la loi antitabac un allié inattendu : discuter avec ceux qui en grillent une devient possible. Ce mercredi 13 mars, deux syndiqués des centres d’appels d’Orange, Marlène et Rachid, ont planifié avec Vincent d’aller à la rencontre de leurs alter ego de Téléperformance. Le quatre-pages qu’ils distribuent parle du stress, des troubles musculosquelettiques, des contraintes du métier de téléopérateur avec le flicage et le management infantilisant. Il aborde aussi les conséquences insidieuses qui atteignent le psychisme : le besoin de toujours faire plusieurs choses en même temps, l’impatience face aux lenteurs et l’agacement à se répéter, qui se répercute même dans la vie privée. Un salarié s’étonne de la justesse du tract : « Et vous pensez que mes maux de tête seraient liés à mon métier ? » « Ça arrive souvent. Mais ce que vous vivez, nous le vivons aussi… », explique Rachid. Les militants CGT savent de quoi ils parlent : ils sont eux-mêmes salariés de centres d’appels.
Parlez souffrance au travail, et l’écho est immédiat : « Les gens en pleurs faisaient la queue devant le camion de la médecine du travail lorsqu’il est venu il y a deux jours », nous dit-on. Viennent ensuite les salaires de 980 euros, les horaires indécents, l’absence de lieu de restauration, la précarité… Trop tard, un chef frappe à la vitre. Pause terminée. L’expérience dure depuis quelques semaines dans le Nord. Sous l’égide de l’union départementale CGT, une quinzaine de militants du commerce, des banques, des assurances, des activités postales ou d’administrations publiques ont décidé de créer un collectif départemental des salariés des centres d’appels.
Élaboration d’un tract sur les conditions de travail, lancement d’un questionnaire pour mieux connaître l’emploi sur les plateformes, plans de rencontres, le travail syndical s’engage. Il porte ses premiers fruits. Treize salariés de Cofidis ont rejoint la CGT. Mais le collectif n’entend pas en rester là. L’objectif est d’obtenir des avancées sociales réelles pour ces personnels qui en ont tant besoin.

Zoom

Diagnostiqués par les médecins du travail dans le secteur :
fatigue mentale, oculaire, physique et/ou auditive, troubles alimentaires, digestifs, du sommeil, dépressifs…

En savoir +

« Et si on parlait conditions de travail
en centres d’appels ? »
, le tract du collectif centres d’appels du Nord est disponible sur le site www.udcgtnord.fr