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Publié le jeudi 24 mars 2011

Bien vivre, bien travailler, bien vieillir

handicap, Aide à l’autonomie

Tout d’abord, il n’y a aucune fatalité biologique à perdre
son autonomie à partir
d’un certain âge. Cela
dépend de la trajectoire
de vie et résulte d’une ou
plusieurs maladies. Cela
dépend de l’environnement,
des conditions de
vie et de travail, de l’habitat…
Par conséquent cela
dépend aussi des luttes menées pour la santé au travail,
contre les inégalités sociales.

Si on peut concevoir que l’aide à l’autonomie ne soit pas
directement du ressort de la maladie, en revanche, elle
est directement liée à la santé. La CGT se base sur la
définition de la santé de l’OMS : la santé ce n’est pas
l’absence de maladie : elle constitue « un complet état de
bien être physique, mental et social ». Et comme telle, le
droit à l’autonomie doit relever de la Sécurité sociale.

C’est pourquoi la CGT propose la création d’un
nouveau droit : le droit
« autonomie », dans le
cadre de l’Assurance
maladie. Nous sommes
opposés à une « cinquième
branche » qu’elle
soit de la Sécurité sociale
ou de la protection
sociale, qui ferait des personnes
« dépendantes »,
une population à part.

Par exemple, le
portage des repas à
domicile n’est pas du soin.
Mais des difficultés à se
nourrir peut conduire à la
dénutrition, la
déshydratation, à
l’hospitalisation, c’est donc
bien une histoire de santé.

Tous les spécialistes s’accordent à dire que la prévention
est une des données essentielles pour réduire la perte
d’autonomie. C’est une conception que nous devons
adopter : pour l’être humain, garder toutes ses capacités
d’autonomie jusqu’à la fin de la vie, doit être un objectif.

Telle qu’elle est
organisée, l’aide actuelle
que ce soit en
établissement, pour
l’accompagnement ou le
soin, ne répond pas aux
personnes âgées
notamment. Les
financements publics non
pérennes et trop dispersés
laissent trop de « reste à
charge » pour les
personnes concernées et
leur famille.

La CGT propose :
- l’intégration de la prévention
dans la politique nationale de santé, incluant l’éducation
de la population par
l’intermédiaire de la médecine
scolaire et de la médecine du
travail, ainsi qu’une prévention
spécifique à l’âge.
- L’organisation de l’aide à l’autonomie
doit coordonner le médical,
le médico-social et le social.
Soins, aide et hébergement doivent
être traité dans un même
mouvement, autour de la personne,
et non à partir du mode
d’aide.
- La création
d’un grand service public de l’aide à l’autonomie,
tant à domicile qu’en établissement, en partenariat
avec le secteur associatif et à but non lucratif,
sur la base d’un cahier des charges fixant les obligations
de service public.

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Les faits



Le risque de perte
d’autonomie sévère lors de
la vieillesse concerne 5,4%
des ouvriers 2,2 des cadres
et professions intellectuelles.

(Enquête Goillot, Normiche,
2003)


LES INÉGALITÉS SOCIALES
DE SANTÉ EN FRANCE
À l’âge de 35 ans, un cadre a une
espérance de vie de 7 ans supérieure
à celle d’un ouvrier. L’espérance de
vie sans problèmes sensoriels et physiques
à 35 ans est de 34 ans pour
un cadre, 24 ans pour un ouvrier, Soit
10 ans d’écart cf. Insee.
Le risque d’être en perte d’autonomie
sévère lors de la vieillesse concerne
5,4 % des ouvriers et 2,2 % des
cadres et professions intellectuelles
supérieures.
(enquête 2003 Goillot,
Normiche)