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Publié le vendredi 16 mai 2008
Syndicalisation

Augmentations de salaires à la carte CGT



Après quatre ans d’implantation d’un syndicat dans une entreprise, l’union locale du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) constate une progression moyenne des salaires de 30 %. Efficace, non ? Par Regis Frutier

Se syndiquer plus pour gagner plus, ça marche. La preuve par le 9-3. Au Blanc-Mesnil, l’union locale CGT est passée de 500 adhérents en 2005 à quelque 900 aujourd’hui. Les raisons d’un tel succès méritaient analyse. Le bureau de l’union locale a donc mené une enquête auprès de cinq entreprises où le syndicat s’est implanté depuis quatre ans. La simple comparaison des fiches de paie est édifiante.
Chez Mécarectif (métallurgie), entreprise présente depuis cinquante ans au Blanc-Mesnil, les salariés étaient au Smic depuis quarante-cinq ans. En février 2003, un syndicat est créé et plusieurs luttes amènent le salaire à être progressivement augmenté. Avec quarante syndiqués sur cinquante salariés, la fiche de paie de janvier 2007 affiche un plus de 232 euros par rapport à celle de février 2003. Idem chez Sitex, une entreprise de fabrication de portes blindées, qui s’est organisée syndicalement en 2003. Les trois grèves de plus de dix jours avec la CGT n’ont pas été vaines : le salaire de base d’un chef d’équipe y passe de 1 410 euros en janvier 2003 à 1 754 euros en novembre 2007.
Chez vente-privee.com, une jeune entreprise spécialisée dans la vente sur Internet avec un personnel tout aussi jeune et essentiellement féminin, le schéma est identique. Créé il y a deux ans, le syndicat compte 50 adhérents. En une journée de grève aux allures plutôt festive, se souviennent les participants, les employés arrachent un accord qui stipule qu’aucune embauche ne s’effectuera avec un salaire brut inférieur à 1 485 euros. Entre janvier 2006 et janvier 2007, la même employée gagne 349 euros de plus…
Dans le public aussi, des résultats salariaux sont obtenus. Lorsqu’un organisme intercommunal de restauration est créé entre Blanc-Mesnil et Pantin, les employés territoriaux concernés doivent reconstituer un syndicat et défendre leurs droits menacés. C’est aussi l’occasion de revendiquer un alignement sur les différences de rémunérations liées au régime indemnitaire. Des augmentations de l’ordre d’une centaine d’euros sont décrochées.
Quelle est donc la recette blanc-mesniloise de ces succès ? « Il ne s’agit pas simplement de syndiquer, mais de pérenniser le syndicat en l’adaptant à la diversité du salariat », explique Patrice Chanson, secrétaire de l’UL. « Il faut passer du temps avec les syndiqués et les amener à réaliser leurs propres capacités à s’investir par eux-mêmes. » Wilfried Caron, secrétaire du syndicat des communaux, a aussi son point de vue : « Ici on a plaisir à militer ensemble. On gagne et l’enthousiasme est contagieux ».