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République démocratique du Congo

Appel à la grève générale le 5 avril au Congo

jeudi 15 mars 2018

En visite en France au siège de la CGT, une délégation de l’intersyndicale nationale du Congo — Guy Kuku, Ngoie Mayambo, Calixthe Niolo, Jacques Kinyamba — a annoncé une grève générale en République démocratique du Congo (RDC) le 5 avril prochain. « Nous avons lancé un préavis de grève générale sur l’ensemble du pays pour le 5 avril prochain. Nous n’avons qu’une seule revendication : l’application du Smig. Nous attendons, depuis cinq mois, que le gouvernement publie le décret rendant effectifs les résultats de la dernière négociation sur le Smig », a déclaré Guy Kuku, coordonateur de l’intersyndicale nationale du Congo, et par ailleurs président de la confédération démocratique du Travail. « La dernière négociation sur le Smig datait de 2008. Depuis le franc congolais a été dévalué et il nous a fallu renégocier. En 2008, le Smig journalier équivalait à 3 dollars, soit à l’époque 1680 francs congolais. Mais aujourd’hui 1680 francs congolais équivalent à 1 dollars. Dans les négociations que nous avons menées, nous avons réussi à obtenir un Smig d’un montant de 5 dollars, soit 7075 francs congolais », ajoute Jacques Kinyamba, secrétaire générale du syndicat Solidarité ouvrière et paysanne (Sopa).

Multinationales

À l’occasion de sa visite en France, la délégation congolaise a pu faire le point, avec la CGT, d’actions à mener en direction des multinationales, « qui ont une politique prédatrice », a commenté Guy Kuku. « Lors d’une réunion de la Confédération internationale du Travail (CIT) en juin prochain, nous allons aborder le sujet des multinationales, pour les obliger à faire en sorte qu’elle respecte, dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance, les plans de vigilance mis en place dans leur filiale, notamment en RDC », a ajouté Alain Delmas, conseiller Afrique de la CGT.
La situation économique de la RDC est marquée par « une économie de guerre, où prédomine l’informel », a expliqué Guy Kuku. Selon lui, l’économie informelle concerne 70 % de l’économie de la RDC. Dans pareil contexte, le travail effectué par les syndicats est des plus difficiles. D’autant que la répression syndicale bat son plein : « Nous sommes sans cesse menacés de prison par des ministres, des agents de la sécurité, la police… », se plaignent les membres de l’intersyndicale, qui regroupe les 12 confédérations syndicales les plus importantes en RDC. Les liens tissés avec la CGT sont d‘autant plus importants : « Ici avec la CGT, nous avons pu échanger sur des sujets aussi divers que la formation, l’organisation des syndicats, la mobilisation… » La visite de l’intersyndicale a duré une semaine entre les 8 et 15 mars. Ils ont pu rencontrer des camarades de la FNME, de la FAPT, de l’union départementale de Paris, et participé également à un piquet de grève de travailleurs sans-papiers.