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Communiqué commun de la CGT et de la fédération des travailleurs de la métallurgie

Alstom doit rester un pilier de l’industrie française

lundi 28 avril 2014
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Interrogé sur l’éventuel rachat par l’Américain Général Electric ou l’Allemand Siemens du groupe Alstom, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a déclaré, ce lundi 28 avril, lors d’une conférence de presse : « aucune de ces deux solutions ne trouvent gré à nos yeux. Nous pensons que l’État français doit prendre ses responsabilités en entrant majoritairement dans le capital de l’entreprise. Cette affaire est au cœur de la place et du rôle de l’industrie dans notre pays. Alstom doit rester un pilier de l’industrie française. »
(Voir la vidéo)

Depuis plusieurs semaines, la situation financière du groupe Alstom est inquiétante avec des répercussions importantes sur l’efficacité de l’entreprise tant au niveau industriel que social. Ce week-end, les choses se sont accélérées avec plusieurs projets de cession de l’entreprise organisés par la gouvernance actuelle et à sa tête, le PDG Kron.

Ces 2 projets de cession, d’une part à G.E. ou de l’autre à Siemens, ne constituent pas un projet d’entreprise. Il s’agit dans les deux cas d’une découpe d’Alstom par activités, cassant ainsi la cohérence et la force industrielle du groupe avec des conséquences importantes sur l’emploi. Comme à chaque fois, on présente des « vraies fausses solutions » pour préserver les intérêts de certains comme la famille Bouygues, par exemple.

Dans cette affaire, et les commentaires qui l’entourent, personne n’évoque les véritables causes de cette situation. L’entreprise est victime d’une stratégie d’abord financière qui s’est traduite par une croissance externe à des coûts exorbitants. Des usines ont été rachetées et construites partout dans le monde avec des retours sur investissements douteux et coûteux. Enfin, une politique de dividendes aux actionnaires de 1,3 milliard d’euros, ces cinq dernières années.

Pour financer ces choix, le potentiel industriel et humain en France a été réduit avec des conséquences importantes sur les savoirs-faire, les investissements, la sortie des projets et des problèmes de non-qualité et de pénalité de retard (345 millions d’euros par an)

Le problème que connait Alstom, c’est le problème dont souffre l’industrie en général, à savoir le coût du capital.

L’État français doit prendre ses responsabilités dans cette affaire en entrant majoritairement dans le capital de l’entreprise. On ne peut admettre que le Président de la République, ses ministres, restent une nouvelle fois spectateurs d’un dépeçage de notre industrie.

Faut-il rappeler qu’il est le principal client du groupe à hauteur de 50% à travers les commandes d’entreprises publiques nationales comme la SNCF, EDF etc.

Pour redonner un sens à cette grande entreprise avec une haute technologie et des compétences énormes, il faut d’abord s’appuyer sur les salariés afin d’assurer les nombreux projets d’avenir, comme le TGV du futur, les réseaux super Grid, les éoliennes marines, le train- tram, les centrales thermiques au gaz, le métro du futur, etc.…

Les véritables enjeux sont : la maîtrise technologique, l’emploi et les savoir faire nécessaires aux besoins du développement du pays, l’avenir de son industrie que sont les filières du ferroviaire et de l’énergie.

La CGT considère que les atouts et l’histoire du groupe Alstom reposent sur la synergie de ses 4 métiers. De même la CGT estime que le groupe Alstom a besoin de stabilité, de financements à long terme, en cohérence avec le développement industriel du groupe dont les perspectives de développement sont fortes.

Montreuil, le 28 avril 2014