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Concertation nationale sur l’apprentissage

2ème séance plénière « Éléments de diagnostic »

mercredi 15 novembre 2017

2ème séance plénière « Éléments de diagnostic » - 15 novembre 2017

Le gouvernement déclare vouloir :
A travers les « Éléments de diagnostic » issus des travaux de la DARES, France Stratégie et le CEREQ sur l’apprentissage
o appréhender les dynamiques et les freins à son développement
o cerner les enjeux financiers, juridiques, pédagogiques

Ce qu’il faut en déduire :

Selon la ministre du travail, l’apprentissage est une voie d’excellence car elle conduit à l’emploi dans 7 cas sur 10.
Les éléments de diagnostic reposent sur des données chiffrées qu’il faut relativiser en se méfiant des effets d’annonce.

Pour la CGT : 70% d’accès à l’emploi ? Mais pas pour tous !
Le discours récurrent sur l’apprentissage consistant à le présenter comme la voie « royale » avec 70% des jeunes, ayant emprunté cette voie, qui accéderaient à l’emploi, doit être pondéré par le poids de la sélection à l’entrée et les taux de rupture qui ne sont pas pris en compte dans ces chiffres !

Taux de rupture, signe d’un malaise ?
Le taux de rupture des contrats d’apprentissage est en moyenne de 28%. Mais atteint 38% pour les contrats de 24 mois, voire 50 % dans des secteurs comme l’hôtellerie-restauration où les conditions d’emploi sont particulièrement pénibles ! Il est particulièrement élevé pour les apprentis les plus jeunes et ceux visant les diplômes de niveau V.
(Données Dares – N° 57 de septembre 2017 sur l’apprentissage en 2016)

A quels niveaux de diplômes profite l’essor de l’apprentissage ?
Depuis quelques années l’apprentissage progresse uniquement (+ 5,3 %) pour les diplômes de I à III, alors qu’il baisse pour le niveau V. Or, les jeunes visant un diplôme de niveau IV et V sont ceux qui ont le plus besoin d’une formation de qualité leur permettant de s’insérer correctement dans l’emploi. Cette tendance doit être corrigée si l’on veut réellement développer l’apprentissage.

Des conditions d’emploi parfois inacceptables :
Les jeunes et parmi eux les apprentis sont les plus exposés aux risques professionnels ! Va-t-on en parler ?

Des chiffres sans appel : Une enquête sur l’exposition aux risques professionnels initiée par la Direction Général du Travail (Dares Analyses n°54 - Septembre 2013) révèle que :
• 16% des salariés de moins de 25 ans sont exposés à au moins un produit cancérogène chimique, alors que pour les plus de 50 ans, cette proportion est deux fois moins importante (7 %)
• Ce risque monte à 24% pour les apprentis et stagiaires qui sont donc particulièrement exposés !
• Dans le secteur mécanique-travail des métaux, les apprentis ouvriers enregistrent un taux d’exposition aux produits cancérigènes de 70% !

Une telle situation totalement inacceptable, et loin de régresser, sera certainement accentuée par une évolution des textes. Ainsi, depuis le 19 avril 2015, suite à deux décrets pris par le gouvernement précédent, affecter un jeune mineur apprenti à des tâches dangereuses ne nécessite plus qu’une simple déclaration de l’employeur. Le MEDEF avait salué ces décrets dans un communiqué daté du 20 avril 2015.

Ce que souhaite la CGT
• L’ensemble des données sur la formation initiale et continue doit être publié et accessible, à travers une base de données publiques, consolidée, afin de permettre à chacun d’appréhender les chiffres réels.
• La mise en concurrence des différentes voies d’accès au diplôme doit disparaître. L’objectif d’accès au diplôme doit prendre le dessus sur la voie empruntée. Pour la CGT elles ont toutes la même dignité. La valeur du diplôme obtenu n’est pas pondérable de la voie par laquelle il a été obtenu.

Montreuil, le 14 novembre 2017