La cgt

NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Travail  >> Conférence sociale 2014
Publié le vendredi 4 juillet 2014
Fiche n° 2

25 exigences CGT pour un service public de la formation initiale



Table-ronde n° 2 : « Assurer le passage de l’école à l’insertion professionnelle des jeunes ».

Délégation CGT : Nathalie Verdeil, Jérôme Vivenza et Jean-Philippe Maréchal

De par la constitution et le code de l’Education nationale, la nation garantit à tout citoyen l’acquisition d’une culture commune (le socle de connaissance et de compétences) lui permettant d’être pleinement femme ou homme émancipé, citoyen et travailleur, incluant l’accès à un premier niveau de qualification professionnelle. C’est le service public de l’éducation qui assure cette fonction pour le compte de la Nation.

La formation est indispensable pour accéder à l’emploi, mais elle ne crée pas d’emplois, et en l’absence de politique économique et industrielle créatrice d’emplois, la politique de formation est insuffisante pour régler à elle seule l’accès à l’emploi des jeunes.

L’orientation est capitale. L’élaboration d’un projet scolaire et professionnel n’a en effet pas le même sens pour un collégien, un lycéen, un salarié. Au sein du système scolaire, l’orientation est un domaine partagé entre les services d’orientation et les équipes pédagogiques des établissements chargées in fine de proposer une orientation aux élèves. De ce fait, l’orientation scolaire ne peut pas être envisagée comme la première étape d’un parcours d’orientation tout au long de la vie. Elle possède une place à part dans le milieu multiforme de l’orientation.

Le contrat d’apprentissage est, quant à lui, d’abord un contrat de formation porté par un contrat de travail. Pour l’apprenti, les acquis se structurent en travaillant mais l’apprenti n’est pas là pour produire. Il est là pour se former en alternant des périodes de formation en vis-à-vis pédagogique et d’autres en situation réelle de travail accompagné d’un maître d’apprentissage. Le contrat vise l’accès à un diplôme, c’est une formation qualifiante. L’apprentissage est partie intégrante de la formation initiale, mais l’alternance qui est présente dans les formations en apprentissage ou sous statut scolaire est une démarche pédagogique spécifique.

Trop de jeunes sortent encore aujourd’hui du système de formation initiale avant 18 ans, sans avoir obtenu au moins le premier niveau de certification. Assurer une formation à la fois en adéquation avec les projets des étudiants, mais aussi offrant des débouchés, des perspectives, une insertion sur le marché du travail et une intégration sociale devrait être la priorité du gouvernement.

Face à ce constat, la CGT propose :

- un grand service public de la formation initiale, service public de proximité, garantissant laïcité, gratuité de l’enseignement, égalité d’accès et mixité sociale ;
- le renforcement du cadre national des diplômes pour garantir la reconnaissance des qualifications dans les conventions collectives ;
la mise en place d’une instance d’évaluation qui permette d’orienter les jeunes vers la formation la plus adaptée, avec des choix par étapes, l’économique et le quantitatif ne pouvant être les seuls critères de choix ;
- l’assouplissement des passerelles et la création de dispositifs de validation entre les différentes voies d’enseignement pour que dans le cas d’un mauvais choix d’orientation le jeune ne reparte pas à zéro ;
le maintien des CIO dans l’Education nationale, la revalorisation de l’ensemble de leurs missions et la garantie d’une équité sur l’ensemble du territoire par la mise à disposition de moyens matériels et humains partout ;
- la mise en place d’une démarche pédagogique réfléchie et cohérente dans la voie professionnelle pour ne pas céder à la rationalisation économique de la mixité des publics et chaque création de filière dans le privé doit avoir son pendant dans l’Education nationale pour éviter le monopole de certaines formations dans le secteur privé ;
- la mise en place d’un droit individuel à la formation continue pour chaque jeune afin qu’il puisse obtenir de nouvelles qualifications tout au long de sa vie, et la validation de ses années d’études, de stage, d’apprentissage, ainsi que ses périodes d’inactivité, pour le calcul des droits à retraite ;
- l’augmentation des rémunérations des contrats d’apprentissage en lien avec le niveau de qualification, ainsi que l’obtention de droits au transport et à la restauration avec une prise en charge des frais par l’entreprise ;
-  la définition d’un tutorat obligatoire de qualité pour tous les contrats en alternance ;
- l’intégration au cursus de formation d’un enseignement sur le droit du travail et sur le rôle des organisations syndicales ;
- le durcissement des obligations faites par la loi concernant la formation et l’aménagement du temps de travail des tuteurs ou maîtres d’apprentissage au sein des entreprises, afin qu’ils puissent réellement assurer le suivi de l’apprenti dans les domaines pratiques ;
- la mise en place d’un référent au sein de la structure de formation professionnelle, pour assurer le suivi de l’apprenti dans les domaines théoriques et la normalisation du temps de travail des formateurs afin qu’ils puissent réellement suivre les jeunes en milieu de travail ;
- l’ouverture d’une concertation quadripartite, au sein du CNEFOP, pour la réalisation d’un état des lieux du contexte et des méthodes de l’apprentissage afin d’en conserver le positif et d’en rejeter le négatif ;
-  la défense du paritarisme à tous les niveaux, y compris dans l’enseignement supérieur.


Lutter contre les discriminations qui freinent l’accès à l’emploi :

- la mise en place d’une action de groupe pour les organisations syndicales, de façon à leur permettre d’exercer un réel droit de substitution : l’action de groupe est en effet un levier puissant pour assurer l’égalité professionnelle. Les outils juridiques à disposition des salariés et des organisations syndicales pour lutter contre les discriminations sont clairement insuffisants et ne permettent pas d’assurer l’effectivité du droit. L’écrasante majorité des litiges intervient seulement après la rupture du contrat de travail, du fait de l’absence de protection des salariés ;
- la défense et le renforcement de l’égalité fille/garçon dans l’ensemble des filières de formation, les jeunes filles s’interdisant trop souvent certaines formations sous prétexte qu’elles sont prétendument « masculines ». Les ministères doivent développer la culture de l’égalité entre les femmes et les hommes car dans le cadre de l’éducation et de la formation les stéréotypes renforcent les inégalités. C’est bien à l’école de jouer un rôle pour lutter contre ces stéréotypes sexuels et de lutter pour l’égalité d’accès à une formation qualifiante pour toutes et tous (qu’elle soit initiale ou continue) ;
la reconnaissance de la qualification et de la formation des jeunes lors de l’embauche ;
- le renforcement de la scolarisation des élèves en situation de handicap par le développement d’emplois de personnels formés et pérennes et par l’augmentation des personnels de santé et sociaux dans les établissements ;
- le développement de campagnes institutionnelles et d’initiatives de sensibilisation de l’ensemble les différentes discriminations (racisme, xénophobie, sexisme, LGBTphobies, etc) en direction de l’ensemble de la communauté éducative ;
- la présence sur les lieux d’éducation et de formation pour les jeunes de personnels-ressource dans la lutte contre les discriminations, qualifiés et formés, tant dans leur parcours initial qu’en formation continue ;
- l’intégration aux programmes de l’Education nationale des problèmes liés à l’ensemble des discriminations, sans hiérarchisation et, de fait, l’évolution des manuels scolaires pour qu’ils ne véhiculent plus de stéréotypes.

Prévenir le décrochage scolaire et assurer le retour par un suivi continu :
- le développement de formations spécifiques à destination des différents intervenants de la communauté éducative afin qu’ils puissent mieux prévenir le décrochage scolaire ;
- l’articulation entre travail en groupe et travail individuel à la fois pour prévenir et favoriser le retour au groupe ;
- le renforcement des moyens humains, COP, CPE, médecine scolaire et assistants pour permettre aux établissements publics / locaux d’enseignement (EPLE) de mettre en application l’obligation de suivre les jeunes « décrocheurs » ;
- la création d’une offre de formation adaptée à travers des classes de remobilisation, sur le modèle des « Ecoles de la 2e chance », permettant au jeune de construire son projet et de reconstruire son lien à l’école.